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Point de vue

Pourquoi je n’hésite pas à dépenser 20 francs pour un double espresso

Simon Balissat
11/6/2026
Traduction : Yannick Meilleray

Je paie volontiers 20 francs pour une tasse de café. Cela en dérange plus d’un dans mon entourage, ce que je ne comprends pas. Voici un appel à plus de tolérance en matière de loisirs.

« Quoi ? Tu es fou », m’a dit récemment un ami lorsque j’ai commandé un double espresso pour environ 20 francs. Il fallait absolument que je goûte ces grains colombiens aux notes de fleurs de sureau et de fruits à noyau. Ce café était divin !

Après cela, j’en ai profité pour acheter des grains dans le même magasin pour 30 francs les 100 grammes. « Tu viens de dépenser 50 francs comme ça pour du café ? C’est ce que me coûtent mes capsules en deux mois ! », m’a dit mon ami. « Oui, et je ne dépenserais jamais 50 francs pour ces capsules », lui ai-je répondu.

J’en ai marre de devoir sans cesse me justifier. Le café, c’est ma passion, et quand on aime on ne compte pas. Ce même ami m’a parlé, pendant le déjeuner, de sa nouvelle selle de vélo de course, qui pèse 30 grammes de moins que la précédente. Je ne lui ai pas demandé quelle différence ces 30 grammes pouvaient bien faire pour quelqu’un qui pèse près de 100 kilos. Je n’ai pas non plus remis en question le prix, qui s’élève à plus de 300 francs. Ma selle de vélo coûte zéro franc, car je ne possède pas de vélo. Je lui ai épargné la comparaison, c’est sa passion et il fait ce qu’il veut de son argent.

Le café, cette passion éphémère

Dans ce genre de situations, j’essaie de comprendre pourquoi mon entourage réagit de cette manière. C’est probablement parce que si la plupart des gens boivent du café, très peu le considèrent comme un passe-temps ou une passion. La moto, la pêche ou le tricot, voilà de vrais loisirs. Dans ces cas-là, le nouveau pot d’échappement, le nouvel appât ou les nouvelles aiguilles à tricoter peuvent très bien coûter une fortune. Le café, en revanche, est pour la plupart des gens un stimulant bon marché.

De plus, il semble si éphémère. Cinq francs par gorgée, et le plaisir est déjà terminé. Le pot d’échappement, les appâts et les aiguilles procurent soi-disant un plaisir plus durable. Il semble tout à fait normal de devoir acheter de l’essence pour chaque sortie, payer des patentes pour chaque prise et acheter de la laine pour chaque écharpe. Il en va de même pour le café : le moulin à main coûteux et la balance à café précise sont mes outils, les grains de café mes frais courants. Ce n’est pas si difficile à comprendre, n’est-ce pas ?

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D’une certaine manière, chaque passe-temps est disproportionné, et c’est ce qui fait tout son charme. La joie et la passion priment sur la raison. C’est pourquoi je vous serais reconnaissant de me laisser tranquille avec mon loisir.

Photo d’en-tête : Shutterstock

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Lorsque j’ai quitté le cocon familial il y a plus de 15 ans, je n’ai pas eu d’autre choix que de me mettre à cuisiner pour moi. Cela dit, il ne m’aura pas fallu longtemps avant que cette nécessité devienne une vertu. Depuis, dégainer la cuillère en bois fait partie intégrante de mon quotidien. Je suis un vrai gastronome et dévore tout, du sandwich sur le pouce au plat digne d’un restaurant étoilé. Seul bémol: je mange beaucoup trop vite. 


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