Nourriture sportive de Suisse : visite à Wollerau

Nourriture sportive de Suisse : visite à Wollerau

Patrick Bardelli
Zurich, le 05.10.2020
Le fitness est un secteur en plein essor qui a brassé, l'année dernière, près de 94 milliards de dollars dans le monde, une tendance qui touche aussi les fabricants de compléments alimentaires. Et l'un d'entre eux est Sponser.

Le secteur du fitness est en plein essor et la nutrition sportive est à la mode. ce qui, d'ici 2022, devrait se traduire par un chiffre d'affaires mondial d'environ 45 milliards de dollars. Des détaillants comme Migros ou Coop ont depuis longtemps pris le train en marche et élargissent constamment leur assortiment de barres protéinées et de préparations multivitaminées. Établie à Wollerau, petite ville au bord du lac de Zurich, l'entreprise Sponser est bien ancrée sur le marché de la protéine, des hydrates de carbone et autres aliments fonctionnels.

J'ai rendez-vous avec Yvonne Forster, nutritionniste et technologue en denrées alimentaires, responsable, chez Sponser, du développement des produits et de l'assurance qualité. Cette enthousiaste athlète d'endurance travaille depuis 16 ans pour le pionnier suisse de la nutrition sportive.

En été, elle est souvent sur la route avec son vélo, en hiver sur ses skis. Elle s'adonne également aux sports nautiques, la voile, elle est tombée dedans. « La voile sportive, pas la voile arrosée au vin blanc », ajoute-t-elle avec un sourire.

Yvonne Forster, technologue en denrées alimentaires et sportive santé.
Yvonne Forster, technologue en denrées alimentaires et sportive santé.

Le net regorge de termes sur la nutrition sportive. On parle de compléments alimentaires, de nutrition sportive ou encore de suppléments. Qu'est-ce qui fait quoi ?
Yvonne Forster, technologue en denrées alimentaires : tout est une question d'application ou de finalité. Pour les suppléments, ce n'est pas aussi clairement défini. De mon point de vue, un shake protéiné peut être un complément tout comme un comprimé de magnésium.

Que dit la législation à ce sujet ?
La loi sur l'alimentation définit clairement les compléments alimentaires. Et puis il existe aussi des aliments complémentaires. Le supplément protéique appartient au domaine des aliments complémentaires, soit un élément utile à l'alimentation quotidienne. Chez Sponser, nous ne prétendons pas que vous deviez consommer nos produits (elle rit), bien au contraire. Nous considérons nos produits comme un complément à une alimentation saine et équilibrée. Mais lors d'une randonnée en montagne, je ne veux pas avoir à porter un sac à dos lourd. J'embarque donc des barres par exemple. Et après, je me fais plaisir en m'offrant un milk-shake qui aide mes muscles à récupérer.

Ces poudres et pilules ne sont-elles pas plutôt destinées aux professionnels ?
Au départ, si. Mais il y a un mais. Les professionnels ont généralement beaucoup de temps pour récupérer. Cela fait aussi partie de la profession de prendre soin de son corps, de l'entretenir. Par conséquent, ils attachent également une grande importance à une alimentation répondant à leurs besoins, souvent préparée avec des ingrédients frais. Beaucoup d'entre nous n'ont pas ce privilège. Nous pratiquons des sports dits de santé et intégrons notre entraînement à notre travail quotidien. La récupération et l'apport des nutriments nécessaires ne font pas l'objet d'une attention suffisante. Une contradiction. Ces produits ont plus de sens, à bien des égards, aux yeux des non-professionnels qu'à ceux des athlètes.

Les muscles de demain se trouvent déjà dans l'entrepôt Sponser à Wollerau aujourd'hui.
Les muscles de demain se trouvent déjà dans l'entrepôt Sponser à Wollerau aujourd'hui.

Le marché du fitness est en plein essor. Les détaillants comme Migros ou Coop veulent également une part de ce gâteau. Comment, chez Sponser, voyez-vous cette évolution ?
On constate que la tendance à la nutrition sportive a atteint la population. Et une chose est sûre, pour nous, il y a quelques concurrents de plus sur le marché. Depuis une douzaine d'années, nous proposons des boissons protéinées prêtes à l'emploi. À l'époque, nous étions seuls sur ce créneau. Aujourd'hui, pratiquement tous les producteurs de lait proposent également un supplément de protéines. Les produits conquièrent de plus en plus le grand public.

Quelle direction le secteur prend-il, y a-t-il un prochain grand projet à l'horizon ?
En général, tout ce qui va dans le sens de la commodité : bars, comprimés effervescents, boissons prêtes à l'emploi, etc. Et des produits encore plus individualisés qu'aujourd'hui.

Comment cela ?
Le tout s'inscrit dans le contexte de concepts nutritionnels personnalisés. La génétique ou le microbiote, c'est-à-dire les bactéries intestinales, jouent alors un rôle décisif.

Avez-vous un exemple précis ?
Nous testons actuellement une préparation de caféine. Nous proposons à cet effet une analyse génétique sur la base de laquelle il est possible de recommander un produit spécifique. Il s'agit de l'interaction entre la science et la recommandation de produits. La prochaine tendance sera donc celle des concepts visant une plus grande personnalisation.

Où allez-vous chercher le savoir-faire nécessaire ?
Concernant la génétique pharmaceutique, nous sommes en contact régulier avec un médecin et les experts de la SSNS, la Swiss Sports Nutrition Society. Nous recourrons à des réseaux différents.

Le classique.
Le classique.

Comment créer un nouveau produit, de l'idée à la recette ?
Les contributions proviennent généralement de différents côtés. Par exemple, des athlètes qui veulent faire développer un produit. Souvent, ce sont les fabricants de matières premières qui viennent nous voir, par exemple, avec des matières premières qui contribuent à la santé des articulations et appuyées par des études scientifiques. Une fois que ces matières premières ont fait l'objet de recherches cliniques, les fabricants veulent naturellement les vendre. Mais les employés apportent également des idées pour de nouveaux produits. Ces dernières, formulées en interne, donnent lieu à des recherches de matières premières appropriées et une évaluation du potentiel de marché.

Combien de temps dure ce processus ?
Cela dépend vraiment. De deux mois à plusieurs années, j'ai tout vu (elle rit).

Vos produits ne sont pas sans controverse. Certains experts, comme Manfred Donike, décédé entre-temps, remettent en question leurs effets :

“ Les compléments alimentaires ne produisent rien d'autre que de l'urine coûteuse. Ils sont tout à fait inutiles. ”
Manfred Donike, ancien directeur de l'Institut de biochimie de Cologne

Qu'avez-vous à répondre à cela ?
(Pause) Alors, on peut facilement faire du jogging pendant deux heures sans rien manger. Mais je dirais simplement que l'on récupère mieux de l'effort et se sent moins épuisé en consommant une préparation adéquate pendant la course. Et peut-être que pendant ces deux heures, on est un peu plus rapide. Donc, il y a un réel effet.

Pour la créatine, par exemple, nous savons qu'il y a ce qu'on appelle des répondeurs et des non-répondeurs. Il en va de même pour la caféine. Si vous faites partie de la catégorie répondeurs, vous en ressentirez les effets, mais pas si vous faites partie des non-répondeurs. Si je n'étais pas convaincue des avantages de nos produits, je ne travaillerais pas ici.

Où s'arrête la supplémentation, où commence le dopage ?
Les règles sont très claires. Pour nous, la question ne se pose pas. Pour la simple et bonne raison que nous n'en avons pas. Le CBD en fait partie. Je n'en utilise pas. Et il n'existe aucun produit contenant des protéines de chanvre chez nous. Nous investissons beaucoup d'argent pour nous procurer des matières premières propres afin de garantir des produits exempts de dopage. Nous ne mettrons certainement pas cette réputation en péril.

Sponser...
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... fait bouger la Suisse.
... fait bouger la Suisse.

Engagé pour la qualité

Sponsor participe chaque année à plus de 100 événements sportifs avec 100 000 athlètes comme partenaires de nutrition. Les champions olympiques et mondiaux ainsi que les athlètes amateurs consomment régulièrement les produits du leader suisse du secteur.

Selon ses propres informations, Sponser, en qualité de fabricant suisse de produits alimentaires certifié FSSC 22000, n'utilise que des matières premières provenant de fournisseurs répondant à des normes ISO et détenteurs de certificats GFSI. Toutes les matières premières sont documentées dans des accords de qualité et accompagnées d'un certificat d'analyse, ce qui permet une traçabilité complète. Sise à Wollerau SZ, l'entreprise est également soumise aux normes de contrôle élevées des autorités sanitaires suisses.

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Patrick Bardelli
Patrick Bardelli
Senior Editor, Zurich
What matters isn’t how well you play when you’re playing well. What matters is how well you play when you’re playing badly.

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