En coulisse

« LEGO Skylines » : une formule simple qui fait mouche

Philipp Rüegg
2/9/2026
Traduction : Stéphanie Casada

Cela paraît tellement évident qu’on se demande presque pourquoi personne n’y a pensé plus tôt : associer LEGO à une simulation de construction de ville. Avec « LEGO Skylines », ce rêve devient réalité, ou du moins une réalité numérique en plastique, comme j’ai pu m’en convaincre moi-même.

Il en existe avec des pirates, des Romains, des castors et désormais aussi avec des LEGO. L’un des principaux responsables du renouveau des city builders est Colossal Order, avec ses deux jeux Cities Skylines. Fin 2025, le studio finlandais a été remplacé par Iceflake Studios, un autre studio finlandais, qui reprend aujourd’hui cette recette à succès en y ajoutant les célèbres briques de construction LEGO. À la Gamescom, puis chez moi, j’ai pu m’y essayer moi-même.

Accessible même si vous n’êtes pas un vétéran de « Skylines »

Si vous avez déjà joué à Cities Skylines, vous n’aurez pas besoin de longues explications pour LEGO Skylines. Il s’agit de la version détendue, façon « je construis avec des LEGO », de ce que les développeurs présentent comme « le simulateur de construction de ville le plus réaliste de tous les temps ». Les ambitions de l’équipe sont claires : « LEGO Skylines doit devenir le city builder le plus accessible qui soit », m’expliquent-ils. Le mode histoire vous accompagne progressivement dans la découverte des systèmes du jeu.

La première étape consiste à choisir votre figurine LEGO. J’opte pour le modèle en costume de pingouin. Il n’y a qu’un seul nom possible pour lui : Pingu. Pingu fait office de maire et discute, très proche du peuple, avec les habitants. Mais pour que ceux-ci s’installent, il faut bien sûr commencer par construire des maisons. Maison en briques au style classique ou pavillon moderne ? J’ai le choix, à moins de laisser le jeu décider à ma place. Changer les couleurs, modifier le modèle ? Aucun problème. Et dès que je clique sur « Construire », le bâtiment s’assemble à partir de briques individuelles, dans un enchaînement de petits clics particulièrement satisfaisants.

J’adore regarder les bâtiments prendre forme.
J’adore regarder les bâtiments prendre forme.
Source : Paradox

Le monde lui-même n’est pas composé de LEGO, mais un quadrillage blanc façon LEGO vous aide au moment du placement. Un monde qui n’est pas entièrement en LEGO et c’est volontaire. Ce choix est assumé : « Nous voulions que la ville se détache clairement du monde qui l’entoure. » Et sur ce point, c’est une réussite totale.

Une fois la maison construite, une famille emménage, avec les attentes classiques de toute simulation urbaine. Parmi les plus importantes : avoir un emploi. Je construis donc une ferme. Ou un moulin. Peu importe, en réalité : les différences sont purement visuelles. Comme dans Cities Skylines, je débloque progressivement des milestones, qui élargissent mes possibilités.

Le terrain lui-même n’est pas en LEGO. Pourtant, vous devez respecter la grille.
Le terrain lui-même n’est pas en LEGO. Pourtant, vous devez respecter la grille.
Source : Paradox

L’étape suivante consiste à améliorer la productivité de la ferme. J’y ajoute donc une grange et un potager. Tous les bâtiments de LEGO Skylines doivent être raccordés à la route. Si une route existe déjà, il suffit de cliquer brièvement dessus pour la prolonger. Construire en diagonale n’est malheureusement pas possible, ce qui, après tout, serait difficile à reproduire avec de vrais LEGO.

Une ville qui répond à tous les souhaits

Après les zones résidentielles et industrielles vient la zone commerciale. Mes petites figurines jaunes doivent bien pouvoir dépenser quelque part l’argent qu’elles ont gagné à la sueur de leur front. Je place donc quelques boutiques. C’est ici qu’intervient le système de satisfaction : je peux améliorer l’attractivité d’une propriété en répondant à certains besoins. Le propriétaire d’un café veut un peu de décoration ? En deux clics, une petite table avec parasol apparaît devant la porte. Un grand panneau publicitaire au bord de la route contribue ensuite à mettre les commerces voisins de bonne humeur eux aussi.

Comme dans tout city builder moderne, l’électricité et l’eau sont bien sûr indispensables. Je place les deux infrastructures un peu à l’écart. Ici aussi, la pollution joue un rôle central dans le bien-être de ces petits habitants en plastique. Cela dit, Iceflake Studios ne veut pas compliquer le jeu inutilement. La circulation, par exemple, reste relativement sage comparée à la gestion bien plus complexe du trafic dans Cities Skylines 2.

Chaque bâtiment a besoin d’un accès routier.
Chaque bâtiment a besoin d’un accès routier.
Source : Paradox

Je n’ai pas besoin de poser manuellement les conduites d’eau ou les lignes électriques. Tant que tout est relié par la route, les flux circulent. Il existe tout de même un rayon d’action. Ma première ferme ne recevait ni eau ni électricité, ce que je n’ai pas immédiatement remarqué, tant l’avertissement du jeu était discret. Le développeur qui observait ma partie par-dessus mon épaule a fini par m’aider : j’avais simplement placé mes améliorations de ferme entre la ferme et la route. Une petite rotation de 90 degrés plus tard, tout fonctionnait.

Et l’éditeur, alors ?

Peu à peu, mon village devient une ville. Un parc ici, une fontaine là : le design LEGO est délicieusement ludique. Regarder s’agiter les petits personnages est un vrai plaisir. De temps à autre, certains habitants apparaissent avec des quêtes : « Construis-moi ceci », « Embellis cela ».

Je sens déjà que je pourrais y passer un nombre incalculable d’heures. Le jeu est complexe sans être compliqué. Il ne lui manque qu’une chose : un éditeur. Les développeurs m’assurent que chaque bâtiment et chaque véhicule du jeu peuvent être reconstruits avec de vraies briques LEGO. Puis-je alors, moi aussi, créer mes propres constructions ? Après tout, c’est l’essence même de LEGO ! Pour l’instant, il n’existe malheureusement pas d’éditeur et, lorsqu’on leur demande si quelque chose est prévu, les développeurs restent évasifs. Le potentiel serait pourtant gigantesque, en particulier pour la communauté. J’ai du mal à imaginer que rien ne soit encore prévu sur ce point.

Des villes sans doute un peu plus modestes que dans « Cities Skylines 2 ».
Des villes sans doute un peu plus modestes que dans « Cities Skylines 2 ».
Source : Paradox

Pour finir, Iceflake Studios me montre l’une de ses grandes villes. Et là, waouh. C’est exactement le genre d’immense ville en LEGO dont je rêvais enfant. Des gratte-ciel, des casernes de pompiers, d’immenses ponts. Un foisonnement de détails où l’on ne sait même plus où regarder en premier. Malgré tout, la ville reste plus contenue que dans Cities Skylines 2. Si seulement, à l’époque, j’avais eu un gymnase entier à disposition et des parents prêts à dire « oui » à chaque achat de LEGO…

Même si LEGO Skylines est nettement plus accessible que son grand frère plus sérieux, il faut tout de même avoir un minimum de familiarité avec le genre. À moins, bien sûr, d’y jouer tout simplement à plusieurs. C’est d’ailleurs ce que je ferai sans hésiter avec mes enfants dès que le jeu sortira officiellement.

« LEGO Skylines » n’a pas encore de date de sortie, mais le jeu est prévu sur PC, PS5, Xbox Series X/S et Switch 2.

Mise à jour : correction apportée pour préciser que Colossal Order est bien le studio qui a développé « Cities Skylines », et non Iceflake Studios.

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Enfant, je n’avais pas le droit d’avoir de console. Ce n’est qu’avec l’arrivée du PC familial 486 que le monde magique des jeux vidéo s’est ouvert à moi. Aujourd’hui, je compense largement ce manque : seuls le temps et l’argent m’empêchent d’essayer tous les jeux qui existent et de remplir mon étagère de consoles rétro rares. 


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