Vapoter ou lieu de fumer : la fausse bonne idée ?
En coulisse

Vapoter ou lieu de fumer : la fausse bonne idée ?

« Je ne fume pas. » Voilà une phrase que j’ai encore du mal à prononcer. Et pourtant, j’ai abandonné la clope après plusieurs décennies de fidélité. Ma dépendance ne m’a jamais quitté, c’est pourquoi désormais je vapote.

« Oh non, c’est ma mère ! » C’est à l’aide de cette phrase qu’à mon époque de nombreux jeunes ont appris à fumer en prenant leur première taffe. Moi aussi, juste avant de tousser à m’en arracher les poumons. C’était horrible, mais apparemment pas suffisamment dégoûtant pour m’empêcher de recommencer. Oui, je suis dépendant. Je le suis aujourd’hui encore, 30 ans plus tard, mais j’ai au moins passé de la cigarette classique à l’électronique. Cela dit, est-ce vraiment mieux ? La réponse reste en suspens.

La tête dans la vapeur.
La tête dans la vapeur.
Source : Sofia Vogt

À bas le tabac

Une étude, publiée récemment par l’Université de Berne et qui représente la plus grande au monde actuellement (article en allemand), démontre qu’il est possible d’arrêter de fumer du tabac à l’aide des cigarettes électroniques. Les vapoteuses constitueraient en effet une aide efficace pour arrêter de fumer des cigarettes contenant du tabac. En revanche, ces cigarettes électroniques n’aideraient pas à réduire la dépendance à la nicotine.

Je peux vivre avec ça. Je considère déjà un vrai progrès qu’après 30 ans, je ne pue plus constamment la fumée froide. De plus, j’évite aussi de remplir quotidiennement mes poumons de toutes ces saletés. En effet, les cigarettes contiennent non seulement de la nicotine (neurotoxine), mais plein d’autres substances nocives telles que l’arsenic (poison), le radon (gaz radioactif) ou encore le polonium (déchet radioactif). Selon la Ligue pulmonaire, la fumée de tabac contient plus de 7000 substances chimiques, dont au moins 250 sont nocives pour la santé et environ 70 sont cancérigènes. Lorsque je lis ces chiffres aujourd’hui, je me demande sérieusement pourquoi j’ai commencé à inhaler cette cochonnerie.

Représentation visuelle des différentes phases de ma dépendance à la nicotine.
Représentation visuelle des différentes phases de ma dépendance à la nicotine.
Source : Patrick Vogt

Cela dit, rassurez-vous, je ne pense pas faire quelque chose de bien pour ma santé en vapotant, j’ai tout simplement déplacé ma dépendance vers autre chose. Aujourd’hui, il n’existe encore aucune étude de longue durée sur les conséquences pour la santé de la consommation de cigarettes électroniques. Il est clair, cependant, que ces dernières contiennent des substances nocives, même si, selon les experts, il y en a moins que dans les cigarettes de tabac. Pourtant, l’Organisation mondiale de la Santé met en garde contre les cigarettes électroniques, l’Australie lutte à l’aide d’interdictions d’importation contre la propagation des vapoteuses dans son pays et la Grande-Bretagne souhaite protéger les personnes mineures en interdisant au moins les vapes jetables.

Un ange de la mort nommé Tabac

Aujourd’hui, personne ne peut encore prétendre ignorer que fumer est mauvais pour la santé et potentiellement mortel et ce, pas seulement depuis le film Thank you for Smoking. Selon l’Office fédéral de la santé publique, la consommation de tabac compte parmi les plus grands problèmes de santé publique. En effet, le tabac représente le principal facteur de risque de maladies chroniques non transmissibles telles que le cancer ou les maladies cardiovasculaires. En Suisse, environ 9500 personnes décèdent prématurément chaque année des suites de la consommation de tabac, ce qui équivaut à 26 cas par jour. Au niveau mondial, il s’agit, selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé, de plus de huit millions de personnes par an. Le tabac représente ainsi la cause d’un septième de tous les décès.

Dire adieu au tabac

Je n’ai pas passé du jour au lendemain de la fumée à la vapeur. Bien au contraire, il m’a fallu plusieurs années, malgré le fait que l’envie d’arrêter de fumer me titillait depuis longtemps. La question était de savoir comment faire. Les techniques connues, allant du patch ou des chewing-gums de nicotine à l’arrêt subit en passant par l’hypnose, me semblaient soit irréalisables soit trop difficiles pour moi.

Lorsqu’un collègue de travail m’a parlé de sa cigarette électronique et qu’il l’avait adoptée du jour au lendemain, je me suis tout de suite intéressé au sujet et me suis dit que si lui y était parvenu, j’y arriverais aussi. Rétrospectivement, j’avais tort. Pendant un certain temps, je me suis retrouvé à fumer et à vapoter en même temps. En effet, j’utilisais la cigarette électronique comme moyen complémentaire pour assouvir ma dépendance et non comme une solution de remplacement à la clope traditionnelle.

Gentiment mais sûrement, j’ai commencé à privilégier la cigarette électronique. Aujourd’hui, j’ai complètement arrêté le tabac. J’ai même réussi à résister à la tentation lors de la fête d’anniversaire d’une amie où, malgré quelques verres d’alcool, j’ai tenu bon et me suis contenté de vapoter alors que les autres fumaient comme des pompiers. J’en tire une petite fierté.

J’ai renoncé aux clopes. Je me contente de vapoter.
J’ai renoncé aux clopes. Je me contente de vapoter.
Source : Patrick Vogt

La force mentale

Pourquoi est-ce que, dans mon cas, le passage a-t-il pris autant de temps ? Visiblement je n’ai pas une volonté aussi forte que mon collègue de travail qui a réussi à passer de la cigarette à la vapoteuse d’un coup. Pour le moment, je ne ressens aucune différence dans mon corps, mais il faut dire que je continue à me droguer à la nicotine.

C’est mentalement que le passage a été plus difficile et fastidieux. En effet, ma tête n’était pas prête à renoncer à des habitudes ancrées en moi depuis des années telles que la clope du matin ou celle d’après-repas. Ne pas pouvoir vapoter à l’intérieur a aussi été difficile pour moi. Je n’arrêtais pas de me dire que si vapoter n’est pas fumer, alors pourquoi sortir ? J’ai donc eu besoin de passablement de temps.

La jungle des vapoteuses

J’ai toujours un paquet de cigarettes entamé sur moi, au cas où... En écrivant ces lignes, j’ai généreusement offert à mon chef un paquet entier qui se trouvait dans mon sac. Pour être tout à fait honnête, je dois avouer que cela ne fait que deux semaines que j’ai complètement arrêté de fumer du tabac. Je n’ai aucune idée combien de temps je vais tenir, mais je suis confiant.

Mon sabre cigarette électronique au milieu de e-liquides de recharge.
Mon sabre cigarette électronique au milieu de e-liquides de recharge.
Source : Patrick Vogt

Pour le moment, je suis encore indécis en ce qui concerne le type de vapoteuses, car j’ai essayé différents systèmes. Je remplis la cigarette électronique avec du e-liquide contenant de la nicotine. Je trouve que cette cigarette ressemble au manche d’un sabre laser, il y a donc un petit côté Jedi lorsque je l’utilise. La plus petite vapoteuse avec système de cartouche ressemble plutôt à une grande clé USB avec embout buccal. Je ne l’utilise plus que rarement, même si elle est plus pratique que le sabre laser.

S’il n’y avait pas de cartouche avec embout, on pourrait croire que c’est une clé USB.
S’il n’y avait pas de cartouche avec embout, on pourrait croire que c’est une clé USB.
Source : Patrick Vogt

J’ai honte de l’avouer, mais j’ai encore quelques vapes jetables chez moi. Promis, quand j’ai fini de les vapoter, je n’en rachète plus. Vous vous demandez sûrement ce que je reproche à ces produits. Je l’expliquerai volontiers en détail dans un de mes prochains articles. Ce n’est pas seulement parce que je trouve moralement condamnable de prendre des mineurs comme public cible. Et j’ai aussi conscience que nous proposons d’innombrables vapes jetables dans notre assortiment.

Pour être l’un des premiers à lire mon avis sur les vapes jetables, je vous invite à cliquer sur le bouton « suivre » sur mon profil.

Photo d’en-tête : Patrick Vogt

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Je suis un papa et un mari pur-sang, un nerd et un éleveur de poulets à temps partiel, un dompteur de chats et un amoureux des animaux. J'aimerais tout savoir, mais je ne sais rien. Je sais encore moins de choses, mais j'en apprends tous les jours. Cequi me plaît, c'est le maniement des mots, parlés et écrits. Et c'est ce que je peux démontrer ici. 


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