En coulisse

Quels bienfaits peut-on attendre d’un mois sans alcool ?

Katja Fischer
06.01.2023
Traduction: Alassane Ndiaye

Pour la toute première fois, j’envisage de faire le « Dry January » (janvier sans alcool). Après tout, il y aurait de bonnes raisons de s’abstenir de boire de l’alcool pendant un mois, des raisons qui me laissent parfois perplexe.

« Vous faites le ’Dry January’ ? », me demande une collègue perplexe lorsque je refuse un verre de vin blanc peu après le début de l'année. Non, je ne le fais pas. Je n’y ai même pas pensé. Après des fêtes de fin d'année, couronnées par une nuit de réveillon bien arrosée, je n’ai tout simplement pas envie d’alcool en ce moment.

Cet épisode du vin blanc me rappelle ce que l’on appelle le phénomène de la grossesse. À partir du moment où vous êtes enceinte, vous voyez soudain partout des femmes avec des ventres ronds. C’est ce que je ressens avec le terme « Dry January ». Dans mon cercle d’amis, au bureau, dans le train, partout, on en parle C’est comme si le monde entier s’entraînait collectivement à l’abstinence d’alcool ces jours-ci. Celui ou celle qui ne participe pas est out.

L’opinion d’une novice

Pour moi, ces tendances suscitent avant tout une chose » : le scepticisme. Je me dis : « Un truc pareil, ça ne sert à rien en si peu de temps ». Et je commence à chercher une confirmation à mon hypothèse.

Une heure plus tard, je retire ce que j’ai dit.

Mes recherches ont révélé le contraire : en fait, le « Dry January » semble avoir de nombreux avantages que j’ignorais, à tel point que j’envisage même pour la première fois de prendre part à cet engouement.

Meilleur métabolisme, moins de kilos

Selon une étude (en anglais) de l’Université du Sussex datant de 2018, de nettes améliorations de la santé se font déjà sentir après un mois d’abstinence d’alcool, comme le « Washington Post » l’écrit. Plus de la moitié des abstinent·e·s ont vu leur métabolisme s’améliorer tout en perdant du poids par rapport aux personnes qui ont continué à boire pendant cette période. Bien qu’iels n’aient pas modifié leurs habitudes alimentaires, leurs habitudes tabagiques ou leurs activités sportives. Leur risque de diabète et de cancer a également diminué.

Il est également question du Dry January dans un article de la SRF (en allemand). Plus le renoncement est long, plus le corps peut se rétablir complètement et minimiser par exemple le risque de cancers, explique Philip Bruggmann, co-médecin-chef en médecine interne à l’Arud, le centre de médecine des addictions à Zurich. Le système immunitaire fonctionne mieux lorsqu’il n’est pas affecté par la consommation d’alcool.

Nouveau comportement de consommation

Il est clair que celui ou celle qui retombe dans ses vieux travers dès le 1er février ne tirera que peu d’avantages du « Dry January ». Il est toutefois surprenant de constater que, pour la plupart des abstinent·e·s, le renoncement a continué à avoir des effets positifs au-delà du mois de janvier, comme l’a montré une nouvelle enquête auprès des participant·e·s à l’étude six à huit mois plus tard.

La plupart des personnes du groupe abstinent pendant un mois ont certes repris leur consommation d’alcool, mais celle-ci a été « significativement réduite ». En moyenne, le nombre de jours où ils buvaient est passé de 4,3 jours par semaine à 3,3. De même, la quantité de boisson consommée a diminué. Si les participant·e·s étaient ivres en moyenne 3,4 fois par mois avant le « Dry January », ce chiffre est tombé à 2,1 fois jusqu’en août. Il est intéressant de noter que des changements dans la consommation d’alcool ont également été constatés chez les participant·e·s qui n’ont pas réussi à tenir tout le mois.

L’intérêt de 31 jours d’abstinence est de constater qu’il n’est pas nécessaire de boire de l’alcool pour s’amuser, nouer des contacts ou se détendre, explique Richard Piper, chef de l’initiative « Alcohol Challenge UK », qui a lancé le « Dry January ». « Cela signifie que pour le reste de l’année, nous serons mieux à même de prendre des décisions concernant notre consommation d’alcool et d’éviter de boire plus que nous ne le souhaitons vraiment. »

Meilleur sommeil, plus d’énergie

Sans surprise, la majorité des participant·e·s à l’étude du Sussex ont déclaré se sentir en meilleure santé en général. Iels se sentaient plus énergiques (67 pour cent), pouvaient mieux se concentrer (57 pour cent) et avaient en outre une plus belle peau (54 pour cent). 71 pour cent ont en outre un meilleur sommeil : « Un renoncement limité à l’alcool entraîne un soulagement dans le corps », explique Denise Zai, spécialiste de la promotion de la santé de Gesundheit Schwyz, dans l'article de SRF. « Celui-ci n’est plus occupé à éliminer l’alcool. Cela permet aux gens de mieux dormir, de se sentir plus en forme et d’avoir plus d’énergie. »

Réjouissons-nous des apéritifs à venir

Autant de bonnes raisons de faire le « Dry January ». Et visiblement, elles ont convaincu des millions de personnes dans le monde entier. Rien qu’en Grande-Bretagne, le pays d’origine, quatre millions de personnes ont relevé le défi en 2020. En Suisse, selon Dryjanuary.ch, ils étaient environ un million en 2021 à s’enregistrer officiellement et à participer ainsi à l’action soutenue par l’Office fédéral de la santé publique. Cette année, en raison de l’engouement persistant, il devrait y avoir au moins autant d’abstinent·e·s.

Est-ce que je vais me lancer dans l’aventure ? Non. Du moins, pas officiellement avec inscription. Même si, en théorie, je pourrais encore sauter le pas, car je n’ai pas encore bu une goutte d’alcool en 2023. Et je n’en ai pas l’intention. À deux exceptions près : je me réjouis de prendre deux apéritifs avec des amis ce mois-ci. Et là au moins, je vais m’offrir un ou deux verres.

D’ailleurs, il y a encore quelque chose en dehors de la santé qui parle en faveur du « Dry January », comme je l'ai constaté au cours de mes recherches. Et selon un vieux dicton paysan : « Un février humide fait souvent suite à un janvier sec et froid ». Dans ce cas précis, cela signifierait que si une personne fait le « Dry January », elle consommera beaucoup d’alcool en février. Mais ça, c’est un autre sujet...

Participez-vous au « Dry January » ? Notre collègue de la rédaction Simon a réuni pour vous trois alternatives à l’alcool :

  • Nouveautés + tendances

    Trois alternatives pour un "dry January"

    par Simon Balissat

Photo d’en-tête : Katja Fischer

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Maman d'Anna et d'Elsa, experte en apéritifs, passionnée de fitness en groupe, aspirante ballerine et amatrice de potins. Souvent multitâche de haut niveau et désireuse de tout avoir, parfois chef en chocolat et héroïne de canapé.


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