Marre des hamburgers bo-bo! Succès et bides 2019
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Marre des hamburgers bo-bo! Succès et bides 2019

Simon Balissat
Zurich, le 02.01.2019
Pourquoi les broches à kébabs sont-elles toutes composées de la même viande? Pourquoi les bons cafés sont-ils toujours aussi peu nombreux en Suisse? Voici selon moi les succès et les bides de cette année.

C'est bien connu, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas, surtout en gastronomie. Par exemple, moi, je n'aime pas les truffes. Du coup, qui suis-je pour critiquer cette fâcheuse tendance à en ajouter sur les frites par exemple? Je me contente simplement de ne pas en acheter. Ça finira bien par se calmer après tout. Cela étant, il existe certaines choses dont je ne peux pas me passer...

Ce qu'on aimerait voir plus souvent en 2019

De bons restaurants japonais sans sushis
Les sushis, on en trouve à la pelle. Or la «cuisine japonaise» ne se résume pas qu'à ça. Malheureusement, il n'y a que dans les grandes villes suisses que l'on trouve des restaurants japonais proposant autre chose que du poisson cru au menu. Prenons l'exemple des ramen! Ce mets constitué de pâtes dans un bouillon et agrémenté de diverses garnitures nous vient tout droit de Chine en réalité, mais les Japonais ont su le rendre encore meilleur. En 2019, j'aimerais voir davantage de restaurants de ramen. Ce serait également plus écologique, la plupart des ingrédients étant disponibles en Suisse, à l'inverse de ceux des sushis, qui requièrent du poisson importé.

De bons cafés
Question café, en Suisse, on est bien loti. En effet, depuis longtemps, on trouve ici du café qui tient la route grâce à des vagues d'immigration venues d'Italie. Mais avons-nous pris en compte les dernières tendances en matière de café? Il en existe de nouvelles à découvrir, surtout à Zurich. Saviez-vous que la championne du monde en titre du café filtre nous vient tout droit de Suisse? Il est grand temps de prendre ce train du café en marche.

Nouvelles tendances: du café filtre à déguster plus souvent.
Nouvelles tendances: du café filtre à déguster plus souvent.

De bons cocktails
On trouve de plus en plus de bars à cocktails. Mais pourquoi? Sans doute à cause des manufactures de gin qui poussent comme des champignons, de l'engouement pour le whisky suisse ou encore de ce besoin vital d'opter pour de petites marques exotiques. Pour faire la fête dans la salle polyvalente du coin, les spiritueux bon marché font largement l'affaire, mais pour fournir les bars et les clubs branchés, les exigences sont plus élevées. Personnellement, j'aime recevoir des conseils de la part d'un barman qui s'y connaît et qui sera capable de me concocter une mixture qui me va bien. Et je n'ai à ce moment-là aucun problème à payer deux francs de plus.

Des fast foods plus sains
Les petits commerces doivent fournir un gros travail d'innovation pour que les grandes enseignes suivent. Dans les rayons de restauration rapide des supermarchés, il n'y a que des salades, elles passeraient presque pour des plats «sains». Mais les petits commerces proposent toutes sortes de spécialités eux aussi. Les poke bowls, les salades de nouilles transparentes ou encore le ceviche sont des plats délicieux – un peu plus copieux qu'une salade ennuyeuse – et adaptés à la ligne qui plus est. Espérons que les grandes entreprises leur emboîtent le pas et ajoutent des options saines à leur gamme de sandwichs, de nuggets de poulet et autres frites!

Les insectes
Cela fait des années qu'on nous rabâche que les insectes constituent la nourriture idéale. Depuis 2017, on les trouve officiellement à la vente. Il ne nous reste donc plus qu'à les rendre socialement acceptables. Malheureusement, ils coûtent encore trop cher, ce qui devrait changer avec le temps. Une fois que ces bestioles auront été transformées en galettes ou en boulettes, on n'y verra plus que du feu. Il est donc temps que les vers de farine, les grillons et autres bébêtes débarquent dans nos assiettes.

Ce dont on se passerait bien

Les mêmes kébabs partout
Fut un temps où les kébabs se démarquaient par leur caractère unique. Chaque bouiboui proposait son pain, son style et sa propre broche avec ses couches de viande. Malheureusement, cette époque est révolue. Le kébab est produit en masse; neuf broches de viande sur dix proviennent en effet de la même usine. Il faut que ça change!

Ennuyeux! Les kébabs ont besoin d'un bon coup de jeune.
Ennuyeux! Les kébabs ont besoin d'un bon coup de jeune.

Restaurants pop-up
Aller dans un immeuble de bureau désaffecté pour déguster un menu à cinq plats concocté par des cuisiniers médiocres et débordés, et tout cela pour un prix exorbitant, il y a quelques années encore, c'était en vogue. Mais en 2019, les restaurants pop-up pourraient retomber aux oubliettes.

Les cabanes à fondue
Voici qui m'amène à aborder un autre phénomène: les cabanes à fondue pendant les fêtes de fins d'année et la saison hivernale. Ces baraques en bois sont de véritables pompes à fric. Mais question fondue, l'offre n'est pas folichonne, car ces cabanes se livrent une bataille sans merci; ce sera à celle qui proposera la fondue la plus farfelue. Non merci, une fondue au jus de pomme avec des morceaux de poulpe ne m'intéresse pas. Une moitié-moitié, ça me va parfaitement.

Toujours tout partager
Oui, les tapas, c'est chouette, les mezze aussi. Ces petits amuse-gueules sont conçus pour être partagés. Cela ne veut pas dire qu'il faille toujours tout partager. Cette incapacité à prendre une décision est devenue monnaie courante, si bien que même les menus des restaurants suisses jouent cette carte. Ce n'est pas parce que vous hésitez entre le cordon-bleu, le tartare ou le tofu frit que vous devez tout commander en petites portions servies dans des coupelles. D'autant que ces plats sont généralement vendus à prix fort.

Les hamburgers
J'adore les hamburgers, vraiment. Mais là encore, c'est la même histoire que pour les cabanes à fondue. Ce n'est pas parce qu'il y a des petits pains noirs, du panais confit et du fromage de chèvre fumé qu'il faut forcément tout combiner pour en faire un burger. Et le fait qu'il soit servi sur le capot d'une bagnole rouillée par un hispster barbu en diable arborant un tablier d'artisan ne le rendra pas meilleur pour autant. Alors, passons!

Et vous, comment voyez-vous les tendances culinaires pour 2019? Qu'est-ce qui, à vos yeux, pourrait disparaître sans que cela ne vous fasse de la peine? J'attends vos commentaires avec impatience.

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Simon Balissat
Simon Balissat
Senior Editor, Zurich
Lorsque j’ai quitté le cocon familial il y a plus de 15 ans, je n’ai pas eu d’autre choix que de me mettre à cuisiner pour moi. Cela dit, il ne m’aura pas fallu longtemps avant que cette nécessité devienne une vertu. Depuis, dégainer la cuillère en bois fait partie intégrante de mon quotidien. Je suis un vrai gastronome et dévore tout, du sandwich sur le pouce au plat digne d’un restaurant étoilé. Seul bémol: je mange beaucoup trop vite.

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