
Dans les coulisses
Nouvelle campagne Galaxus : nous avons des questions
par Branko Nastic
« Les habitants de Schaffhouse ont-ils vraiment les plus gros portefeuilles ? » ou « Pourquoi utilise-t-on 6 × plus d’autobronzant à Zumikon ? » Vous avez certainement déjà vu des affiches de la nouvelle campagne Galaxus. Je reviendrai plus en détail sur certains de ses sujets au cours des prochains jours.
Qui êtes-vous, d’où venez-vous et qu’achetez-vous chez Galaxus ? Pour notre nouvelle campagne d’affichage, nous avons examiné vos commandes d’un peu plus près et les avons comparées, bien sûr, sans jamais perdre notre humour. Les résultats sont parfois étonnants. Ils donnent dans tous les cas matière à réflexion.
En tant qu’Argovien en exil, il y a bien sûr un sujet qui m’interpelle immédiatement : « Pourquoi l’Argovie consomme-t-elle 3 × plus d’Aromat que Genève ? » Qu’entend-on par là ?! Comment un canton suisse peut-il ne pas avoir besoin d’Aromat ou moins qu’un autre ? Devons-nous maintenant renommer le Röstigraben et le remplir d’Aromat ? Je pars en quête d’indices entre le pays des carottes et la cité de Calvin.
Sucré, acide, salé, amer, ces saveurs sont aussi valables en Suisse que dans le reste du monde. Nous ne faisons une différence que pour la cinquième saveur, qu’on appelle Aromat et non pas umami.
Dans notre pays, l’Aromat accompagne de très, très nombreuses personnes depuis leur plus tendre enfance, moi y compris. Un œuf dur ou à la coque sans Aromat ? Impensable ! Des tranches de concombre avec un peu d’Aromat ? J’adore ! Quand j’étais petit, il m’arrivait même de saupoudrer un peu d’Aromat sur mes tartines de beurre. Bref, en Suisse, le condiment jaune en poudre inventé par Knorr il y a plus de 70 ans est devenu incontournable dans les placards de cuisine, alias Chuchichäschtli en suisse allemand.
Il n’est donc pas étonnant qu’une rupture de stock temporaire, comme en 2023, fasse la une des journaux. À cette occasion, notre collègue Carolin a d’ailleurs découvert que l’Afrique du Sud était également une grande amatrice de la célèbre poudre jaune :
Donc, après cette digression sur l’Aromat et mon amour pour lui, revenons à la question de départ. Argovien dans l’âme et amateur de ce condiment à tout faire, je n’ai pas d’explication, mais que des suppositions. L’hypothèse la plus évidente est que les personnes vivant en Argovie ont tout simplement plus facilement l’idée de commander de l’Aromat chez nous que les Genevoises et les Genevois.
Il est vrai que dans tous les coins de Suisse, on ne pense pas (encore) forcément à Galaxus quand il s’agit de condiment en poudre. D’ailleurs, moi non plus, je n’ai jamais acheté d’Aromat chez nous. Ce n’est sans doute plus qu’une question de temps... Parce qu’il est idéal pour remplir le panier d’achats et arriver aux 50 CHF pour la livraison gratuite. N’oubliez pas de l’ajouter à votre liste d’envie.
C’est peut-être aussi dû aux différentes préférences alimentaires. Malgré la présence de villes comme Aarau, Baden ou Wohlen, le canton d’Argovie est plutôt rural. Des plats typiques sont au menu, comme l’Aargauer Braten, un rôti, le Fricktaler Schinkenpastete, un pâté au jambon ou encore le Schnitz und Drunder, un ragoût aux poires séchées et légumes (recettes en allemand). Et même s’il ne figure sur aucune liste d’ingrédients des recettes, ces dernières ne seront que meilleures avec une ou deux pincées d’Aromat. Les Argoviennes et les Argoviens le savent.
Le canton de Genève, quant à lui, avec sa proximité avec la France, mise peut-être plutôt sur la haute cuisine, dans laquelle la petite boîte jaune et rouge n’a pas sa place. Le poisson fraîchement pêché dans le lac Léman y est rehaussé d’une branche de thym et de zeste de citron. À cela s’ajoute le fait qu’en tant que centre de nombreuses organisations telles que l’ONU, Genève est le canton le plus international de Suisse. Il ne fait aucun doute que cela se répercute sur les envies culinaires, et donc la faible consommation d’Aromat.
Vous voyez, je n’ai pas de réponse à la question de savoir pourquoi l’Argovie achète trois fois plus d’Aromat que Genève. Peut-être avez-vous une idée, peut-être même une explication sérieuse, sans histoire de chaussettes blanches et de carottes (qui, en passant, se marient aussi bien avec l’Aromat !) ?
Je suis un papa et un mari pur-sang, un nerd et un éleveur de poulets à temps partiel, un dompteur de chats et un amoureux des animaux. J'aimerais tout savoir, mais je ne sais rien. Je sais encore moins de choses, mais j'en apprends tous les jours. Ce qui me plaît, c'est le maniement des mots, parlés et écrits. Et c'est ce que je peux démontrer ici.