Des trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous
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Des trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous

Natalie Hemengül
Zurich, le 09.02.2020
Photos: Thomas Kunz
Traduction: Anne Chapuis
Il n'a pas été facile de nous mettre d'accord sur un thème pour notre première « semaine spéciale ». En fin de compte, nous avons abouti à cinq histoires sur cinq jours qui présentent toutes un point commun : un trou.

« Les gens veulent voir le trou, pas la perceuse ! » Le conférencier d'un atelier interne d'écriture lance cette phrase dans le groupe de participants. Tout le monde se regarde d'un air interrogateur avant de se mettre à sourire. Mais si nous regardons au-delà de notre immaturité, cette déclaration est vraie. De nos jours, plus que jamais, les personnes comme vous et moi voulons que l'on nous présente des solutions. Les problèmes rencontrés et les outils utilisés sont secondaires. Quelques mois plus tard, nous prenons notre conférencier au mot. Pendant une semaine, nous vous montrerons le trou, au sens propre du terme. Nous vous laissons voir le bout du tunnel et vous montrons qu'il y a quelque chose là où, à première vue, nous nous attendons à ne rien trouver.

Notre semaine spéciale commence tranquillement en extérieur à Ascona, où notre rédacteur sportif Patrick Bardelli visite le plus ancien terrain de minigolf normé du monde. Tout en parcourant les 18 trous aux côtés d'Alfred Graf, ce dernier lui dévoile de nombreuses anecdotes. Toujours de la partie : le photographe Thomas Kunz.

Loin de cette insouciance amusante, le sérieux de la vie regagne du terrain, là où l'homme se prépare pour son dernier voyage, celui qui pousse le corps dans ses limites. Certaines activités du quotidien deviennent un combat. Pia Seidel l'apprend au détour d'une conversation avec le designer Bitten Stetter qui, après une perte douloureuse, aborde le sujet tabou de la mort. Elle consacre ses travaux de recherche, entre autres, à la chaise percée, qui est plus qu'un simple siège avec un trou au centre. Cette chaise, qui symbolise l'approche de la fin, est aussi une critique au design froid du secteur des soins palliatifs en phase terminale.

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Un niveau plus bas, dans le sous-sol bernois, une image tout aussi sombre se dessine sous les yeux de notre rédacteur Michael Restin. Le réseau complexe de canalisations qui s'étend devant lui regorge de dangers invisibles, d'objets curieux et de « chocolats ». Pendant une journée, il accompagne l'équipe d'exploitation du réseau d'égouts et s'aperçoit rapidement de quelque chose : personne ne voit ceux qui agissent dans l'ombre, malgré les vêtements réfléchissants.

Les fossoyeurs du cimetière de Hörnli à Bâle portent également des uniformes réfléchissants. Dès le début de l'entretien avec la rédactrice Carolin Teufelberger, ils précisent : « Ceci est une tombe, pas un trou ». Sur place, elle apprend quelles situations marquent les employés et comment exercer son métier avec la mort comme collègue de travail.

Alors que certains voient l'espoir enterré, d'autres le nourrissent en forant dans les Alpes suisses. Dans son laboratoire souterrain, la « société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs » se tourne vers l'avenir en recherchant des solutions de stockage pour nos déchets nucléaires. Le directeur du laboratoire et géologue Ingo Blechschmidt montre à Simon Balissat à quoi ressemble un quotidien sans soleil, mais avec des radiations, et pourquoi la lueur au bout du tunnel brille plus qu'on ne le pense.

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Natalie Hemengül
Natalie Hemengül
Editor, Zurich
En tant que fan de Disney je vois toujours la vie en rose, je vénère les séries des années 90 et les sirènes font partie de ma religion. Quand je ne danse pas sous une pluie de paillettes, on me trouve à des soirées pyjama ou devant ma coiffeuse. PS Le lard est un de mes aliments favoris.

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