Le jeu qui m'a damé le pion
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Le jeu qui m'a damé le pion

Carolin Teufelberger
Zurich, le 13.01.2021
Traduction: Sophie Boissonneau
Le backgammon, l'un des jeux les plus vieux du monde, m'a conquise. Mieux encore, je crois que j'ai développé une légère dépendance à ce jeu. Et tout cela à cause de quelques vieux sages.

Je ne suis pas une grande joueuse. Rares sont les fois où j'ai envie de jouer aux cartes ou de sortir un jeu de plateau. Et quand ça m'arrive, je commence déjà à m'ennuyer au bout d'un ou deux tours. Ou alors je prends le jeu trop au sérieux, perd la partie, et mon sang-froid par la même occasion, et je range le jeu hors de ma vue pour effacer l'humiliation. Mais il arrive que le jeu me rattrape et là, je peux développer une légère dépendance. Et c'est justement ce qu'il s'est passé avec le backgammon.

Cigarette, thé et backgammon

Lors de mon voyage dans le sud-est de l'Anatolie il y a quelques mois, j'ai remarqué que beaucoup d'hommes âgés étaient assis au bord des routes, dans les parcs ou dans les cafés. Une tasse de Çay à la main, ils jouaient à ce très vieux jeu de société. En général, deux hommes jouaient, quatre autres regardaient et tous enchaînaient les cigarettes. Coiffés d'une casquette ou d'un bonnet, les joueurs déplaçaient les pions avec sagesse, tandis que les observateurs suivaient leurs mouvements avec la plus grande attention. Je ne comprenais rien, ni la langue ni le jeu, et pourtant cette ambiance me fascinait.

Pas de backgammon ici, mais vous pouvez vous faire une idée des joueurs qui m'ont tant fascinée.
Pas de backgammon ici, mais vous pouvez vous faire une idée des joueurs qui m'ont tant fascinée.

J'ai fait part de cette fascination à mon compagnon de voyage à maintes reprises, soit en lui disant simplement, soit en restant scotchée un moment à regarder un groupe de joueurs. Le message semble lui être parvenu. À Noël, je déballais un jeu fabriqué artisanalement en Grèce. À la simple vu du bois poli, mon cœur s'est emballé. Après plusieurs visites dans la famille, il était enfin temps de positionner les pions sur le plateau.

Il m'a d'abord fallu quelques minutes, les instructions étaient confuses, mon adversaire m'embrouillait. Mais finalement, les pions étaient alignés correctement devant moi. Le début était prometteur, mon dé blanc affichait un chiffre plus élevé que le dé noir de mon adversaire. C'était parti. Mais pas sans avoir compté les combinaisons de dés sur mes doigts au préalable. Parfois trois fois de suite, parce que je ne fais pas confiance à mes compétences en calcul mental ou parce que mon cerveau oublie dans la seconde la stratégie choisie. Mon adversaire ne s'en sortait pas mieux que moi cependant.

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Et le sang-froid alors ?

La première partie s'est donc éternisée. Mon adversaire enchaînait les jets doubles et pouvait ainsi jouer jouer deux fois chaque dé à chaque tour. Moi, en revanche, je devais me contenter d'un, deux voire trois déplacements si j'avais de la chance. À la fin, il restait quatre pions dans mon jan intérieur alors que mon adversaire avait sorti tous ses pions. J'avais perdu. Puis j'ai perdu la deuxième partie. Et la troisième. La colère montait en moi. Je perdais tout respect pour le jeu, mais aussi et surtout pour mon adversaire et sans un mot et d'un pas lourd, j'ai fini par quitter l'aire de jeu improvisée sur la table. À la colère s'est ajouté le doute dans mes capacités. Cette hybridation entre jeu de hasard et stratégie ne serait-elle pas faite pour moi ? Peut-être que je ne réfléchis pas assez ? Non, mon adversaire est probablement juste chanceux, ce chien. À ce stade-là, seule une bonne nuit de sommeil était capable de me calmer.

Moi après avoir perdu.
Moi après avoir perdu.

Le lendemain, j'ai voulu remettre le couvert. Penser aux sages Turcs et m'imaginer un jour parmi eux pour une partie, m'a redonné toute mon énergie. Je ne pouvais pas tourner le dos au backgammon aussi facilement. Enthousiaste, j'ai mis le jeu en place. C'était déjà beaucoup plus rapide. J'ai perdu le premier lancer de dé. Un point positif pour moi, car la veille, j'ouvrais toujours les jeux et je les perdais ensuite. Puis j'ai fait de mauvais déplacements, j'ai joué avec les pions noirs, j'étais agacée. Allez, je me concentre ! C'est gagné ! Et la partie suivante aussi. Je manque de perdre la troisième. Puis je gagne la quatrième. L'équilibre des forces était désormais rétabli. Et mon amour jusqu'alors non partagé pour le backgammon devenait peu à peu réciproque.

Depuis, il ne se passe pas un jour sans que j'installe le plateau. Généralement en guise de digestif après le déjeuner ou le dîner. Jusqu'à très récemment, je vous aurais ri au nez, si vous m'aviez dit que j'allais devenir accro à un jeu. Mais le backgammon a réussi à me changer. Tout d'abord parce que le plateau est beau et a sa place sur une étagère à la vue de tous, il est rapide à mettre en place et enfin, parce que malgré l'apparente simplicité du jeu, il fait souvent appel à des stratégies complexes.

J'ai besoin d'aide

Je dois encore compter, sauf pour les six, là je commence à avoir le coup de main. Il m'arrive encore de perdre, la plupart du temps du temps parce que j'ai trop le goût du risque. Comme je ne protège pas mes pions en les déplaçant par deux, il m'arrive d'en perdre, frappés par ceux de mon adversaire. Je veux avancer rapidement et sortir les pions de mon adversaire. Mais je me retrouve à devoir remettre mes pions en jeu. Ma stratégie laisse encore à désirer, je dois l'affiner ou faire en sorte que mon adversaire fasse des mouvements encore plus risqués. Si des joueurs expérimentés me lisent, sachez que vous me seriez d'une grande aide si vous pouviez répondre à ces questions :

*1. Quels sont les déplacements possibles pour un double et quelle est la règle concernant les flèches intermédiaires ?

*2. Si mon adversaire n'a pas ouvert le jeu, peut-il encore déplacer ses pions au dernier tour et provoquer un match nul ?

*3. Puis-je frapper deux pions adversaires en deux coups avec un seul de mes pions ?

Quelle est la meilleure stratégie ?
Quelle est la meilleure stratégie ?

Je vous remercie par avance. J'ai pour objectif d'améliorer mon jeu et de ne plus être une simple amatrice d'ici le printemps. Dès que j'ai un moment de libre, je me surprends à rêvasser. Je rêve de températures plus chaudes, d'arbres verts et de fleurs. Un frisson me parcourt le corps. Je devrais peut-être purger les radiateurs. Mais ce n'est pas ça qui me fait rêver au printemps. Je rêve de cette saison qui me permettra de sortir, mon backgammon sous le bras et de jouer dans le parc ou dans un café. Tout comme ces hommes âgés en Turquie.

Backgammon - Delos
165.–
Philos Backgammon - Delos
Ce n'est pas mon jeu, mais il est aussi très beau et de bonne qualité.

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Carolin Teufelberger
Carolin Teufelberger

Editor, Zurich

Élargir mon horizon: voilà comment je résumerais ma vie en quelques mots. J'aime découvrir de nouvelles choses et en apprendre toujours plus. Je suis constamment à l'affût de nouvelles expériences dans tous les domaines: voyages, lectures, cuisine, cinéma ou encore bricolage.

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