En coulisse

Le dog-sharing : la solution ?

Martin Rupf
18.11.2022
Traduction: Martin Grande

J’ai récemment écrit que je ne voulais pas de chien comme animal domestique. Mais comme la pression familliale n’a pas l’air de diminuer, un compromis pourrait s’avérer nécessaire. La solution serait-elle de partager un chien ? Une psychologue canine nous répond.

Il y a environ deux semaines, j’ai expliqué ici pourquoi je ne voulais pas de chien à la maison et comment j’avais réussi à faire entendre ma voix.

  • Point de vue

    Pas de chien à la maison

    par Martin Rupf

Les commentaires de la communauté ne se sont pas fait attendre. Les avis sont très partagés.

« C’est exactement ce que je pensais. Il y en a tout simplement trop, et, en plus, l’animal est totalement humanisé. Je m’exaspère à chaque fois que je vois quelqu’un porter son cabot dans le sac à main ou dans les mains comme si c’était un jouet », écrit par exemple SwissTriggerHappy. « Une vie sans chien est possible, mais inutile », écrit en revanche Anonymous en référence à Loriot et ses seins. Mamasliebling déclare « je préfèrerais me séparer de ma femme que de mes chiens. J’ai mis ça au clair avant notre mariage ». Sa femme lui aurait répondu : « je me séparerai de toi avant de me séparer de mes chats ».

Pour ma part, je crains de bientôt devoir me plier au désir et à la pression de ma famille qui veut absolument un chien. Comme souvent dans la vie, il faut peut-être trouver un compromis. Justement, ma famille a eu une nouvelle idée. Il n’y a pas longtemps, nos amis nous ont avoué qu’ils « n’avaient plus toujours trop envie se s’occuper de leur caniche ». Et c’est comme ça que l’idée de partager « Juno » est apparue chez nous. Peine partagée diminue de moitié, si l’on veut. Il y a même un nom officiel pour décrire le partage de chien : le dog-sharing. Mais avant de m’engager dans cette voie, je consulte Katrin Andres, dresseuse et psychologue canine pour être sûr que ce n’est pas mauvais pour la santé du chien.

Les chiens de chasse sont généralement plus adaptés au dog-sharing

« Juno » apprécierait-il d’être partagé de la sorte ? Autrement dit, peut-on vraiment faire garde partagée de chiens entre deux familles ? En principe, Katrin Andres « n’a rien contre le dog-sharing ». En fin de compte, ce sont l’origine, l’enfance et le caractère du chien qui déterminent s’il s’entend bien avec deux familles. « Les chiens d’Europe du Sud issus des chenils de la société de protection des animaux ont besoin de temps pour s’habituer à leur nouvelle famille », explique Mme Andres. La période d’adaptation peut facilement durer six mois. « Durant cette période, il serait contre-productif de partager la garde du chien ».

De plus, les distinctions entre les races sont à prendre en compte. Les chiens de berger, autrefois élevés pour défendre leur troupeau, ont tendance à avoir une seule personne de référence. Ils sont donc moins aptes à partager leur attention entre plusieurs familles. « En revanche, les chiens de famille classiques comme les golden retrievers, autrefois élevés pour la chasse, sont habitués à être entourés de beaucoup de personnes et appréhendent mieux le dog-sharing ».

Psychologue canine : les chiens peuvent en profiter autant que leur propriétaire

Katrin Andres est convaincue que les chiens peuvent bénéficier du dog-sharing autant que leur propriétaire. « Cela apporte de la diversité au quotidien du chien ». Sans oublier qu’il peut être utile que le chien s’habitue à d’autres personnes. Et pour cause, la personne de référence principale n’est pas exempte d’une absence intempestive de temps en temps. « Une journée en pension canine peut également contribuer à un quotidien plus riche pour les chiens. Dans un groupe, ceux qui manquent de sérénité peuvent observer les plus dominants pour s’en inspirer ». Néanmoins, Mme Andres indique qu’il est préférable que le chien ait une seule personne de référence qui participe activement à son éducation.

Mince, j’aurais mieux fait de ne pas demander son avis à une experte. Contrairement à mes attentes, elle n’a pas réduit l’idée du dog-sharing à néant. Je me résigne à vivre les prochaines années dans la peur latente qu’un chien finisse par s’installer chez nous. Et qui sait, peut-être qu’un jour, je n’aurai même plus envie de partager notre boule de poils familiale.

Photo d’en-tête : Shutterstock

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Deux fois papa, troisième enfant de la famille, cueilleur de champignons et pêcheur, spectateur hardcore, à moitié danois et champion du monde des gaffes.


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