De l'électricité en pleine montagne
De l'électricité en pleine montagne
Reportage

De l'électricité en pleine montagne

Aurel Stevens
Zurich, le 06.06.2019
Responsabilité de traduction: Jean-François Arnaud
Voici l'histoire d'un article que j'ai écrit et qui m'a emmené dans un endroit complètement inattendu. L'histoire de comment j'ai défendu l'honneur de l'entreprise et de jusqu'où je suis prêt à aller pour aider quelqu'un.

La vie nous joue parfois de drôles de tours. Un jour on est en Italie à écrire un article sur un très mauvais chargeur de secours, et deux semaines plus tard on se retrouve sur un alpage. Voilà comment c'est arrivé.

Un peu de contexte

J'ai récemment écrit un article dans lequel je racontais mes déboires avec une contrefaçon de chargeur de secours acheté en vacances et qui n'avait absolument pas tenu ses promesses. Je vous y engageais à être très prudents lorsque vous achetez des appareils électroniques sur des marchés un peu louches :

Was steckt in der *Trash-Powerbank** vom Strassenmarkt?
placeholder

placeholder

Les commentaires furent très nombreux. L'utilisateur Bachmatte y écrivait notamment avoir acheté chez nous une grosse batterie assez chère pour une utilisation en extérieur et en être très déçu :

“ J'ai acheté une Goal Zero Yeti 400 Lithium chez Galaxus dans le but de faire fonctionner un réfrigérateur sur un alpage. Celui-ci ne fonctionne pas lorsque le Yeti est complètement chargé. Selon les indications du réfrigérateur et du Yeti, ça devrait pourtant marcher. Au téléphone, Galaxus m'a expliqué que les fabricants peuvent bien y dire ce qu'ils voulaient. Pour couronner le tout, je dois payer au moins 10 % du prix (990 francs) si je veux renvoyer le Yeti, même s'il ne fonctionne pas. Donc méfiez-vous des marchés aux puces, mais méfiez-vous aussi de Galaxus. ”
Bachmatte

Le commentaire est arrivé tard et il a fallu le dénicher, mais il a attiré mon attention. Un alpage, une batterie, un réfrigérateur. Ce problème m'intéresse. Et en plus, Bachmatte affirme que nos produits ne tiennent pas leurs promesses.

Foutaises ! Challenge accepté.

Le problème

Cette situation m'intéresse grandement. Bachmatte a acheté chez nous un réfrigérateur économe en énergie avec compartiment congélateur de la marque Kibernetik et une batterie Goal Zero 220 volts pour une utilisation en extérieur.

Deux produits très solides. Le Yeti 400 a une puissance de 300 watts et peut même aller jusqu'à 1200 watts sur de courtes périodes, comme l'explique son manuel. Un réfrigérateur A++ n'a jamais besoin d'une telle puissance. Alors pourquoi ces deux produits ne fonctionnent-ils pas ensemble ?

Je décide de me pencher sur la question de la consommation d'énergie.

Les réfrigérateurs modernes n'ont besoin que de très peu d'électricité. Lorsqu'ils sont bien isolés, les compartiments congélateur peuvent être débranchés et garder le contenu congelé pendant 24 heures. Le modèle A++ choisi par Bachmatte consomme en moyenne 135 kWh par an.

Si je veux calculer la puissance nécessaire en watts, je dois diviser par 365 jours et par 24 heures. Pour le Kibernetik KSG118L03, cela nous fait 135 000 Wh / 365 / 24 = 15,4 watts. Autant dire, rien du tout ! Avec ses 300 watts, le Yeti 400 devrait être capable de gérer, non ?

Au dos du KSG118L03, une étiquette indique que le réfrigérateur a besoin de 80 watts, soit beaucoup plus que la consommation moyenne de 15,4 watts. Cela correspond à la performance du compresseur, une sorte de pompe qui sert à refroidir l'appareil. C'est ce composant du réfrigérateur qui a besoin d'énormément d'électricité. Il démarre, puis se met à ronfler doucement jusqu'à ce que la température du réfrigérateur descende sous la valeur seuil (souvent située entre 4 et 6 °C).

Mais le Yeti 400 devrait également pouvoir gérer les 80 watts du compresseur. Alors où est le problème ?

Je décide d'appeler Coldtec AG, l'entreprise qui vend les réfrigérateurs Kibernetik depuis 2018. Un technicien très compétent m'explique qu'« en règle générale, les réfrigérateurs ont besoin de quatre à cinq fois plus de puissance lorsqu'ils démarrent. » Cela équivaudrait donc à 400 watts, soit plus que la puissance continue du Yeti, mais moins que sa puissance maximale autorisée de 1200 watts. Selon le technicien, le démarrage dure « quelques secondes ».

J'appelle ensuite Goal Zero, à Houston au Texas. Je demande au service client pendant combien de temps le Yeti 400 peut envoyer sa puissance maximale de 1200 watts. « Two seconds », me répond Nick du service assistance de Goal Zero.

Voilà donc le problème. En moyenne, le réfrigérateur consomme 15,4 watts, soit relativement peu d'énergie. Mais lorsque le compresseur se met en marche au démarrage, le pic de tension fait sauter le Yeti 400. C'est vicieux, parce qu'en lisant rapidement les informations du produit, on pourrait croire que la batterie serait suffisante pour alimenter le réfrigérateur.

Je comprends maintenant pourquoi ça ne fonctionne pas.

À présent, je suis curieux de savoir ce que Bachmatte comptait faire sur son alpage et je pense avoir ma petite idée pour résoudre son problème.

La cliente

Je passe un coup de fil à Bachmatte, qui s'appelle en fait Karin. Elle m'explique la situation. Karin est vachère dans un alpage. Si elle a la possibilité de prendre sa voiture pour descendre vite fait au village y faire quelques courses, elle doit en revanche se dépêcher de préparer les aliments en rentrant à l'alpage. Karin souhaitait donc se payer le petit luxe d'un réfrigérateur.

Au téléphone, elle m'explique que la batterie est chez elle, complètement chargée. La radio et le mixeur sont allumés. Elle dit avoir « prérefroidi » le réfrigérateur chez elle en se raccordant au réseau électrique. Mais lorsqu'elle essaie de brancher le Yeti 400, un voyant rouge s'allume et la batterie émet un bip. Elle a donc contacté notre service client pour obtenir une étiquette de retour. On lui a expliqué qu'on lui enverrait un appareil de remplacement. Si ce dernier ne fonctionnait pas, elle devrait renvoyer elle-même l'appareil et régler 10 % du prix d'achat.

Karin, alias Bachmatte, a bien fait de se plaindre.
Karin, alias Bachmatte, a bien fait de se plaindre.

Karin, qui pensait en toute bonne foi avoir acheté les bons produits, n'est pas d'accord pour payer les 10 % du prix d'achat. Il faut savoir qu'en Suisse, contrairement à l'Allemagne, le client ne dispose pas d'un droit de rétractation. Même si les commerces sont souvent conciliants, la règle d'or en Suisse reste « acheté, c'est acheté ». Pour moi, cela ne fait aucun doute. D'après les informations du produit, je me serais attendu, comme Karin, à ce que le Yeti 400 fonctionne avec le réfrigérateur. Ici, je pense qu'il va falloir se montrer conciliant.

Je me retrouve à jouer les techniciens.
Je me retrouve à jouer les techniciens.

Avant de joindre notre service client, je veux d'abord comprendre ce que veut Karin et l'aider à résoudre son problème. Avoir un réfrigérateur que l'on ne peut pas utiliser sans batterie, ça n'avance à rien. Je lui demande comment elle compte recharger la batterie. Avec un panneau solaire ? « Non, avec un générateur », me répond-elle. Le générateur est censé recharger la batterie le matin et le soir, aux moments où la machine à traire fonctionne.

Ce générateur diesel est un monstre de 16 kW doté d'une sortie de 400 volts. Grand comme une baignoire, il peut produire 220 volts.
Ce générateur diesel est un monstre de 16 kW doté d'une sortie de 400 volts. Grand comme une baignoire, il peut produire 220 volts.

Le générateur n'est pas fait pour fonctionner 24 heures sur 24, d'où le besoin d'une batterie de secours pour le réfrigérateur. Si le Yeti 400 n'est pas assez puissant pour, son grand frère saura sans doute s'en charger. Permettez-moi de vous présenter le Yeti 1000.

Une puissance continue de 1500 watts avec un pic à 3000 watts. Bam ! Le seul souci, c'est qu'à 2290 francs, on n'est pas sur le même budget que le Yeti 400 à 990 francs...

Le service client

Je contacte d'abord Pascal Biri, responsable des achats pour les produits Goal Zero. Je lui expose la situation et lui explique que je souhaite aider notre cliente. Pascal pense aussi que le Yeti 1000 devrait fonctionner sans problème avec le réfrigérateur. Je lui demande si je peux faire un geste commercial envers la cliente. « Bien sûr, mais il me faudra un rapport », répond Pascal. Super, c'est ce qu'il me faut aussi !

Je rappelle Karin. Elle est d'accord pour prendre la version supérieure du Yeti. Petit problème : « Les vaches arrivent vendredi ! Je serai déjà sur l'alpage. »

Très bien. Aurel devra donc remorquer le bloc de 18 kilos jusqu'en haut.

La seule date qui fonctionnerait serait le jeudi de l'Ascension. Férié, donc. Mon collègue randonneur David Lee est d'accord pour m'accompagner avec son matériel photo.

Il faut maintenant que je m'occupe du service client. Je ne veux pas grand-chose, finalement !

  • Rembourser le montant total du Yeti 400 à la cliente.
  • Commander le Yeti 1000 pour la cliente.
  • Lui envoyer une nouvelle facture.
  • Faire livrer la batterie à la succursale de Zurich, et non chez la cliente.
  • Et 25 autres petites choses que je ne peux pas mentionner ici.

Kristian Tadic du service client, sache que tu es mon héros ! Tu as tout de suite compris ce que je voulais et tu m'as aidé sans passer par des montagnes de paperasse. Sans toi, j'aurais été complètement paumé. Tu as tout organisé à la perfection avec l'entrepôt et le service des retours. Un grand merci, Kristian !

Nous sommes à présent mardi soir. En théorie, tout a été arrangé. Si tout se passe bien, la batterie arrivera à l'alpage dans les temps...

Les premiers doutes

Mercredi arrive, l'heure pour moi d'aller récupérer le Yeti 1000 à la succursale de Zurich. Mais je ne veux pas arriver là-haut avec une batterie à moitié chargée, et la nôtre n'est qu'à 47 %. Par chance, le manuel m'explique que le chargement ne dure que 18 heures. Plus qu'une dizaine d'heures à attendre. Le monstre produit 1045 wattheures (Wh). Si l'on convertit en batterie de smartphone ou en chargeur de secours (3,6 volts), cela fait 290 400 mAh. Ça en fait des téléphones rechargés.

Mais cette histoire d'énergie est trompeuse. Pour rappel, le réfrigérateur consomme en moyenne 15,4 watts. À première vue, cela fait peu. Mais rapporté sur 24 heures, cela équivaut à 370 Wh. Avec ses 1045 wattheures, le Yeti 1000 peut techniquement alimenter le réfrigérateur pendant deux jours et 19 heures.

Malheureusement, le résultat final est souvent moindre. Le Yeti est conçu pour fonctionner sur 12 volts. Si on le raccorde à un appareil consommant 12 volts, il pourra produire ses 1045 Wh. Mais lors de la transformation en d'autres tensions (un port USB à 5 volts, prise de courant à 220 volts), on constate des pertes. Si vous rechargez votre smartphone via un port USB, environ 10 % du courant sera perdu. C'est à peu près ce qu'il se produit lors d'une transformation à 220 volts. Sur une base de 940 Wh, cela nous ferait à peu près deux jours et demi, ce qui reste correct.

Ce qui m'inquiète, ce sont les 18 heures de chargement. Pendant les deux jours et demi, ou 60 heures, le générateur devra tourner 18 heures pour garder la batterie chargée. Soit plus de sept heures par jour. Ça ne marchera jamais. Il nous faut un panneau solaire.

Je jette un œil au Goal Zero Boulder 100 qui coûte 284 francs. De nos jours, on trouve des panneaux solaires pour bien moins cher, mais pour une solution plug and play de bonne qualité, cela reste raisonnable.

Autre solution, moins chère : utilisez une deuxième alimentation. Les Yetis ont assez d'entrées et cela résoudrait le problème. Le temps de chargement passerait ainsi de 18 à 9 heures. Les 4 à 5 heures quotidiennes durant lesquelles la machine à traire, et donc le générateur, fonctionnent suffiraient largement, car le Yeti n'aurait besoin que de 3 heures et demie par jour pour maintenir la batterie chargée.

Mais ça n'a pas vraiment de sens. La saison des alpages, de mai à fin septembre, est la période de l'année où il y a le plus d'énergie solaire. Ce serait vraiment dommage de ne pas tenter le panneau solaire. D'autant plus quand on sait que les Yetis ont un convertisseur intégré.

Mais au moment où je m'en rends compte, il est trop tard. Ni panneau solaire ni rallonge ni alimentation ne pourront être livrés avant mercredi 15 heures. Mince !

Petit point positif, Filiz des RH prend sa voiture pour me ramener chez moi avec le Yeti. Merci, Filiz !

L'alpage

Le jeudi de l'Ascension, David et moi nous mettons en chemin pour la commune bernoise de Gessenay où se trouve l'alpage de Karin. J'emporte avec moi le Yeti 1000 et ma mauvaise conscience. Je sais bien que nous n'avons pas encore réglé le problème.

Mais je me suis engagé à le résoudre personnellement. Nous partons donc monter le matériel et découvrir les lieux. À quoi ressemble le générateur ? L'alpage se trouve-t-il dans un endroit ensoleillé qui pourrait bénéficier d'un panneau solaire ?

Karin vient nous chercher à l'arrêt de la poste. Nous mettons un bon quart d'heure pour monter jusqu'à l'alpage. Pendant le trajet, je comprends déjà le problème de Karin. À peine remontée en voiture, elle branche aussitôt son téléphone, un très vieux Samsung Galaxy S5. Charger son téléphone semble être une tâche compliquée pour Karin. Un bon point pour le Yeti.

Vue sur les Gastlosen depuis l'alpage supérieur.
Vue sur les Gastlosen depuis l'alpage supérieur.

Arrivé à 1400 mètres d'altitude, je me rends compte que j'avais oublié à quel point la Suisse est belle. Moi qui m'étais imaginé une petite cabane, je constate que l'alpage est immense. 20 vaches doivent arriver vendredi, d'autres les suivront un peu plus tard. Viendront ensuite les génisses1, puis les veaux. Au final, cet alpage accueillera 80 vaches et deux taureaux. Pour l'instant, c'est Furbo qui nous reçoit joyeusement.

Furbo aide à rassembler les vaches.
Furbo aide à rassembler les vaches.

Karin nous explique qu'elle va passer 2 à 3 semaines ici en compagnie d'un fromager et d'une apprentie. À la fin du mois de juin, dès que la neige aura fondu en haut, elle conduira les animaux jusqu'à l'alpage supérieur2 où l'on produit gruyère, vacherin et fromage d'alpage. C'est pour cette raison que Karin a préféré opter pour une alimentation mobile, même si une installation fixe serait sans doute moins chère à long terme.

Encore beaucoup de neige sur l'alpage supérieur en ce jeudi de l'Ascension.
Encore beaucoup de neige sur l'alpage supérieur en ce jeudi de l'Ascension.

Nous allons bien voir si ça marche. Je déballe le Yeti 1000 complètement chargé et le branche au réfrigérateur. Karin n'est pas sûre que ça marche. Moi si. J'ai confiance en mes calculs. Le réfrigérateur fonctionne parfaitement bien. Pendant le déjeuner, j'avoue à Karin que la batterie n'est pas encore complètement rechargée.

Le Yeti 1000 fonctionne sans problème avec le réfrigérateur.
Le Yeti 1000 fonctionne sans problème avec le réfrigérateur.

Entre-temps, Karin a trouvé sur zalp.ch une annonce pour un réfrigérateur à gaz d'occasion. Elle se demande soudainement si ce ne serait pas une meilleure idée. Pour moi, c'est la douche froide. Mais je ne suis pas ici en tant que représentant Galaxus. Mon seul objectif est de trouver la meilleure solution pour Karin. Si elle ne veut pas du Yeti, je me chargerais de tout ramener en bas. Et d'aller affronter le courroux de tous les assistants de Zurich.

Un réfrigérateur à gaz moderne consomme environ 12 g de gaz par heure, soit un peu plus de 250 g en une journée. Par mois, il a donc besoin d'une bouteille de 7,5 kg à 40 francs (sans consigne). Pour un été sur l'alpage, il faudrait compter entre 150 et 200 francs. Au bout de cinq ans, le réfrigérateur et le gaz reviendraient plus cher que le Yeti. Si utilisées 4 à 5 mois par an, les cellules lithium du Yeti devraient durer 10 ans (et peuvent également être remplacées). À long terme, les deux solutions finiraient par être similaires en termes de coûts.

En revanche, Karin ne pourrait pas se servir du réfrigérateur à gaz pour recharger son portable, son chargeur de secours ou sa lampe de poche. Elle hésite. C'est son « Ankefässli »3 électrique, avec lequel Karin veut faire du beurre à partir de crème écrémée, qui va faire la différence. Ce serait plus pratique pour elle de le brancher et de le laisser fonctionner. Karin décide finalement de garder le Yeti. Super, ça aurait vraiment été trop bête de devoir ramener le Yeti à Zurich.

L'Ankefässli « Heidi » qui vient de Zimmermann AG à Horw consomme 130 watts. Ça ne devrait pas poser de problème au Yeti.
L'Ankefässli « Heidi » qui vient de Zimmermann AG à Horw consomme 130 watts. Ça ne devrait pas poser de problème au Yeti.

Karin veut bien tenter le panneau solaire. Il fait souvent beau ici, me dit-elle. Parfait ! Je lui explique que nous nous occuperons de tout gratuitement. Pour moi, c'est une question d'honneur. Je lui installe le panneau solaire gratuitement sans me soucier de qui aura à payer. Au pire, je pourrai m'en charger.

Glossaire

Cette liste mériterait d'être bien plus longue. Mais à dire vrai, je ne comprenais même pas les anciens de l'Oberland bernois.

1 Génisse : une jeune vache qui n'a pas encore eu de veau.

2 Alpages supérieurs et inférieurs : de nombreux alpages fonctionnent selon le principe des deux niveaux. Cela leur permet d'utiliser au mieux le climat et de fournir plus d'herbe pour le bétail.

Dr Johann Carl Lübeck, Erfurt, 1812 : Ökonomisches Lexikon über alle Gegenstände (Lexique économique de tous les objets).
Dr Johann Carl Lübeck, Erfurt, 1812 : Ökonomisches Lexikon über alle Gegenstände (Lexique économique de tous les objets).

3 Ankefässli : pour fabriquer du fromage, il faut d'abord écrémer la crème. L'Ankefässli fonctionne comme une baratte à beurre. C'est un récipient avec une sorte de fouet dans lequel la crème est battue pour faire du beurre.

Retour sur l'alpage

Le samedi 1er juin, je retourne à la succursale pour chercher le panneau solaire et une rallonge de neuf mètres. Dimanche, ma fille et moi partons pour la montagne en compagnie du panneau solaire de 100 watts. Karin a la gentillesse de venir nous chercher à l'arrêt de la poste. Une fois arrivé en haut, je déballe le panneau et la rallonge et commence le montage.

Karin montre ses vaches à ma fille.
Karin montre ses vaches à ma fille.

C'est une journée ensoleillée avec quelques nuages. Le panneau de 100 watts peut fournir une valeur maximale de 70 watts. Si le soleil disparaît, la puissance tombe à 20 watts. Mais pourquoi ce panneau de 100 watts ne produit-il pas 100 watts ? La puissance des panneaux solaires est influencée par différents facteurs comme la latitude, la température, l'altitude et la longueur du câblage.

  • Sur l'équateur (latitude 0), le soleil d'été est parfaitement perpendiculaire à la terre, c'est pourquoi on y trouve le rendement énergétique le plus élevé. Plus les pôles sont proches (latitude 90), moins il y a d'énergie. En Suisse, nous sommes à peu près au milieu avec une latitude de 47°.

  • Plus les panneaux solaires sont chauds, moins ils convertiront d'énergie en électricité. À partir de 25 °C, on perd entre 0,2 et 0,3 % pour chaque degré de plus. À l'inverse, le rendement augmente de la même valeur pour chaque degré de moins. Sous le soleil de l'alpage, le panneau monte jusqu'à 45 degrés, ce qui correspond à une perte de 4 à 6 %.

À 1700 mètres d'altitude, ma fille est au paradis : il y a encore de la neige !
À 1700 mètres d'altitude, ma fille est au paradis : il y a encore de la neige !
  • Plus l'installation photovoltaïque se trouve en altitude, moins les pertes sont élevées. Plus on monte, moins l'air contient d'aérosols et plus l'atmosphère est mince. Le rendement énergétique est donc plus élevé. C'est également pour cela que l'on attrape plus facilement des coups de soleil en montagne qu'en ville. Un bon point pour le panneau solaire.

  • La rallonge de 9 m entraîne une baisse de tension de 2 à 4 %.

  • Le Yeti ne dispose que d'un régulateur de charge PWM (un régulateur MPPT est disponible en option). Le régulateur PWM ne peut pas réagir de manière optimale aux fluctuations de tension et entraîne ainsi une perte supplémentaire de 10 à 15 %

Le panneau ne pourra donc produire ses 100 watts que sur l'équateur, en haute altitude, avec très peu d'humidité et dans un environnement frais, comme les montagnes du désert d'Atacama au Chili. Mais les 70 watts de l'Oberland bernois suffiront.

Le panneau solaire en pleine action.
Le panneau solaire en pleine action.

Sur une journée d'été ensoleillée, le panneau produira environ 400 wattheures (8 heures x 50 watts). C'est amplement suffisant pour garder le Yeti chargé. Et même s'il n'atteignait pas ce niveau, le Yeti pourra aussi compter sur le générateur.

L'équipement sur l'alpage :

Bilan

La montagne m'aura beaucoup appris, et pas seulement à propos des vaches. Je retiens surtout que les personnes comme Karin qui vivent loin de tout ont besoin de différentes sources d'énergie. Pour fabriquer le fromage et chauffer l'eau, on utilise du bois. Le générateur fonctionne au diesel et la cuisine se fait au gaz. La bonne vieille lampe fonctionne elle aussi au gaz.

aucune information disponible sur cette image
aucune information disponible sur cette image
aucune information disponible sur cette image
aucune information disponible sur cette image

Le Yeti n'est qu'une petite pièce du grand puzzle énergétique de l'alpage. Il apporte un certain confort en permettant d'utiliser un réfrigérateur ou de recharger un smartphone, un chargeur de secours ou une batterie. Avec le recul, tout s'est passé très vite et de manière assez folklorique. Vu les circonstances, je suis très content du résultat. Cela représente un coût, mais la solution plug and play fonctionne très bien.

Karin nous invite, David, ma famille et moi, à venir lui rendre visite cet été. Cela restera sans aucun doute mon meilleur souvenir de toute cette expérience, avoir pu transformer un commentaire d'utilisateur mécontent en une belle amitié.

Britney.
Britney.

Cet article plaît à 199 personne(s)


Aurel Stevens
Aurel Stevens
Chief Editor, Zurich
Je dompte la rédaction. Rédacteur le jour, papa le soir. Je m’intéresse à la technique, aux ordinateurs et à la HiFi. Je fais du vélo par tous les temps et suis presque toujours de bonne humeur.

Ces articles pourraient aussi vous intéresser