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Reportage Nettoyage021

« Je mets ça où ? »

On entre, on décharge et on repart. C'est souvent à ça que se limite notre temps passé au centre de recyclage. Mais que vivent les gens qui y passent toute leur journée ?

Peu après midi, le centre de recyclage Hagenholz à Zurich-Seebach est encore très calme. Il n'y a que quelques voitures dans le grand hall. Je veux savoir si les clients sont aussi stressés que le gars de la nouvelle pub Galaxus. « 99% des gens sont polis. Mais il y a toujours ceux qui pensent qu'ils n'ont pas à suivre les règles », ajoute l'employé Muje. Cela se manifeste alors par des vulgarités ou des crises de colère. Muje se souvient particulièrement d'une de ces personnes au cours de ses 22 années se service à Hagenholz : « Dans le passé, les sacs poubelles devaient être payés séparément. Une femme n'a pas voulu se rendre à l'évidence et a alors commencé à crier et à devenir violente. Heureusement, ses deux collègues ont réussi à la calmer. »

Muje au travail.

Aujourd'hui, au moins, plus personne ne peut s'en plaindre. Depuis des années, tous les Zurichois reçoivent, à la fin de l'année, quatre bons de réduction qu'ils peuvent utiliser pour éliminer gratuitement 100 kg par bon. Depuis six ans, cette offre inclut également les déchets ménagers normaux. Et les clients en sont ravis : « Les déchets ménagers sont, avec le bois, en particulier les meubles, les matériaux les plus jetés », explique Tafa. Il dit qu'il travaille ici depuis trop longtemps déjà. Mais il aime toujours son travail : « Les collègues sont géniaux ! »

Les meubles en bois sont surtout très populaires autour des dates de déménagement officielles.

Faire preuve de patience pour ton propre bien

Les autres employés le confirment. Marc semble calme et serein. Il ne se laisse pas aller à de petites anecdotes. Il m'explique patiemment quel contenu correspond à quelle couleur de conteneur, comme il le fait jour après jour pour ses clients. Le rouge pour la céramique, le blanc pour le fer, le vert pour les mélanges de fer et le bleu pour les déchets électriques. Cette nature doit valoir son pesant d'or dans un travail avec autant de contact avec la clientèle. Non seulement pour les clients, mais aussi pour lui-même.

Marc m'explique patiemment le système.

Giuseppe, client de longue date de Hagenholz, partage cet avis : « Pourquoi devrais-je m'énerver si cela prend plus de temps ? Je ne fais que me nuire. » Deux fois par an, le retraité vient à Hagenholz - et avec un ordre bien précis : « Dans ma voiture, je charge mes affaires dans le bon ordre. Ainsi, je peux donc passer d'une seule traite sans avoir à courir dans tous les sens », ajoute-t-il. Beaucoup de clients ne sont pas aussi organisés.

Même Giuseppe ne se laisse plus déranger par de petites choses.

Pas de traitement de faveur

"Beaucoup de gens ne comprennent pas tout de suite ce qui va dans quel conteneur. Pour être honnête, je ne l'avais pas compris non plus avant de commencer ici », admet Tafa. Et je dois aussi admettre que j'aurais fait quelques erreurs au niveau du tri. Néanmoins, j'ai le sentiment que la paresse joue aussi un rôle. C'est d'ailleurs ce qu'a confirmé Marc : « Certaines personnes jettent les choses dans n'importe quel conteneur, car c'est plus facile pour elles et qu'elles savent que nous corrigeons leur erreur. » Muje a vécu un cas particulièrement formateur de paresse et d'arrogance : « Un gars a déchargé ses déchets de recyclage et refusé de les trier lui-même. Son explication : je suis Suisse.» Devant tant d'arrogance, je suis d'abord resté sans vois. « Peu importe d'où tu viens, tu dois trier tes propres ordures », ajoute Muje.

Des principes rigoureux

Mais il y a aussi des gens qui sont tellement corrects qu'ils en deviennent bizarres. Dans le centre de recyclage de Hagenholz, il y a trois voies sur lesquelles les voitures peuvent s'aligner. Les voies sont marquées par des lignes blanches continues, connues, dans la circulation routière, sous le nom de lignes de sécurité : « Un automobiliste s'est placé sur la voie du milieu, mais la voie de gauche est devenue libre. Je l'ai signalé au client pour qu'il puisse avancer plus rapidement », explique Muje. Tout le monde aurait probablement été content - sauf cet automobiliste : « La personne m'a, en toute honnêteté, dit qu'elle n'avait pas le droit de franchir une ligne continue. Je lui ai alors expliqué qu'il s'agissait d'une propriété privée et que des règles différentes s'appliquaient ici. Mais il ne s'est pas laissé convaincre et a bravement attendu courageusement sur la voie du milieu. » Une chose est sûre, on ne peut pas reprocher à cette personne de ne pas respecter les règles.

Hagenholz a aussi ses principes. L'un d'entre eux est que les clients n'ont rien le droit d'emporter. « Nous pesons les voitures à l'arrivée et à la sortie et calculons ainsi le prix. Si un client emballe les déchets de recyclage d'autres clients, ce système ne fonctionne plus », m'explique Tafa. Un menora impeccable qu'un client aurait bien aimé prendre a malheureusement dû rester dans la ferraille. D'autres choses ont tendance à être moins convoitées quand elles sont d'occasion. Comme le vibromasseur que Mike considère comme l'objet le plus curieux de ses trois semaines de formation pratique : « Au moins, il a atterri directement dans le bon conteneur », dit-il.

Mike fait son apprentissage ailleurs où il y a trop peu de recyclage à faire. C'est pourquoi il est à Hagenholz pour trois semaines.

Une critique pour digitec

Un peu plus en retrait, je rencontre Leon, qui fait son apprentissage ici. C'est le premier que j'entends discrètement critiquer le travail : « Le travail et les collègues sont top, j'aimerais juste qu'il y ait un programme officiel. Comme ça, je serais sûr qu'à la fin de mon apprentissage j'ai vraiment tout appris. » Matthias, qui était assis dans la salle des malades jusqu'à présent, m'attend aussi avec une critique. Cette dernière ne s'adresse pas à son entreprise, mais à la mienne: « La publicité radio digitec m'énerve, malgré cela, ou plus précisément à cause de cela, elle me reste. » Et maintenant, devinez d'où vient son Huawei P20 ? Exactement, de chez digitec. ;)

Dans son travail, Leon préfère s'occuper du PET.
Matthias s'offre une petite pause et papote un peu.

Avec toutes les anecdotes et les histoires, je n'ai même pas remarqué à quel point le centre de recyclage est fréquenté. Des camionnettes pleines à ras bord sont alignées. Les collaborateurs sont toujours confrontés à la même question : « Je mets ça où ? » Avec patience et politesse, ils dirigent les clients vers les bons conteneur : « Ce n'est rien comparé à la fin de l'année, quand les coupons sont sur le point d'expirer. Il peut y avoir 1000 voitures en une journée », dit Muje. À un tel jour, le nombre de fois où la question a dû tomber devrait frôler l'impensable. Personnellement, je pense que je perdrais déjà mes moyens après la troisième fois. Et je m'énerverais encore plus rapidement si les clients venaient à être désagréables. Et c'est exactement la raison pour laquelle j'ai un grand respect pour la sérénité de ces hommes.

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Carolin Teufelberger, Zurich

  • Editor
Élargir mon horizon: voilà comment je résumerais ma vie en quelques mots. J'aime découvrir de nouvelles choses et en apprendre toujours plus. Je suis constamment à l'affût de nouvelles expériences dans tous les domaines: voyages, lectures, cuisine, cinéma ou encore bricolage.

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