
En coulisse
Philstradamus s’est trompé dans ses prédictions gaming 2025
par Philipp Rüegg

L’année 2025 appartient désormais au passé. Sur le plan technologique, elle a connu de nombreuses évolutions, mais peu de révolutions. Au lieu de me pencher sur les 365 derniers jours, je préfère donc revenir sur le dernier quart de siècle.
Nous sommes en 2000. Le monde vient de survivre plus ou moins indemne au bug de l’an 2000 (« Y2K »). L’optimisme en ce début de nouveau millénaire se ressent notamment dans le secteur numérique, où le World Wide Web envahit de plus en plus de domaines de la vie. Les téléphones portables ne sont plus réservés aux hommes d’affaires. Je me demande quelles technologies révolutionnaires ont été lancées en 2000.
La PlayStation 2 est sortie le 4 mars 2000 (en anglais). Avec 160 millions d’unités écoulées, elle est devenue la console la plus vendue de l’histoire et devance même la Nintendo Switch (140 millions).
La PS2 offrait non seulement un énorme bond technologique par rapport à la PS1, mais elle était également un lecteur DVD. Alors que les lecteurs DVD classiques coûtaient une fortune, Sony proposait les deux en un seul appareil pour seulement 299 dollars. À cela s’ajoutaient la rétrocompatibilité avec les jeux PS1 et des titres exclusifs légendaires tels que God of War, Gran Turismo 3: A-Spec et Final Fantasy X.

La PS2 présentait des avantages évidents par rapport aux PC gaming : aucune installation nécessaire, pas de mises à jour à tout va, une optimisation parfaite. Alors que les gamers et gameuses PC devaient mettre à niveau leur matériel tous les deux ans, la PS2 est restée d’actualité pendant près de dix ans. En 2004, la PS2 Slim, plus compacte, a fait son apparition, et en 2014, de nouveaux jeux continuaient d’être commercialisés. Pour beaucoup, le plus grand inconvénient était la connectivité Internet limitée de la console. Seul un adaptateur réseau permettait de jouer en ligne, un problème qui a été résolu avec la version Slim.
La connectivité Internet des téléphones portables était tout aussi limitée. L’Internet mobile tel que nous le connaissons aujourd’hui n’était encore qu’une utopie en 2000, mais le 1er août de la même année, la norme GSM a été officiellement adoptée par le 3GPP 3rd Generation Partnership Projects (en allemand). Il s’agit d’une coopération entre différentes autorités européennes, américaines et asiatiques avec pour objectif de standardiser des systèmes de téléphonie mobile de troisième génération (3G). Les bases de la 3G et de l’Internet mobile ont ainsi été posées dès l’année 2000.
En Suisse, la 3G a été introduite en 2004. Aujourd’hui, cette norme appartient déjà au passé. Ce n’est qu’avec l’avènement des smartphones que l’Internet mobile a vraiment commencé à être utilisé.
À l’époque, les téléphones portables avaient un autre objectif que les smartphones d’aujourd’hui. Ce qui est aujourd’hui la fonction la plus importante du téléphone était alors une nouveauté : l’appareil photo intégré.
En 2000, Sharp a présenté le J-Phone J-SH04, le premier véritable téléphone portable avec appareil photo au monde, équipé d’un appareil photo CMOS de 0,11 mégapixel. Le Samsung SCH-V200 était certes déjà sorti plus tôt dans l’année, mais les photos n’étaient accessibles que via un PC. Avec Sharp, il était possible de les envoyer via un service spécial.

L’histoire derrière cette invention est remarquable. Sharp a d’abord proposé cet appareil révolutionnaire au plus grand opérateur japonais NTT DoCoMo, qui l’a refusé. Le deuxième opérateur KDDI a également décliné l’offre. Personne ne croyait au succès d’un téléphone portable avec appareil photo.
Seul J-Phone, le plus petit opérateur, a manifesté son intérêt. Ici aussi, les ingénieurs étaient enthousiastes, tandis que l’équipe marketing restait sceptique en raison du petit écran et de la faible résolution. J-Phone a commandé 10 000 appareils, mais seulement 2000 d’entre eux étaient équipés d’un appareil photo.
Le marché a été sans appel : la version avec appareil photo s’est vendue en deux semaines, tandis que les modèles sans caméra prenaient la poussière. Un appareil que tous les grands opérateurs avaient rejeté a révolutionné à jamais le secteur de la téléphonie mobile.
En Suisse, les téléphones portables avec appareil photo ont mis plus de temps à s’imposer. C’est Nokia (en allemand) qui a ouvert le bal en 2002 avec le 7650. En 2000, le Nokia 3310, successeur du légendaire 3210, a quant à lui connu un grand succès (en allemand). Il disposait déjà du WAP, un accès Internet extrêmement lent et, à l’époque, hors de prix.
Ce qui me ramène à Internet. En 2000, Google a fait preuve d’un bon flair et a posé les bases de son succès économique. En octobre de la même année, l’entreprise a lancé sous le nom de Google Adwords (en anglais) une plateforme qui allait changer à jamais la publicité en ligne. Aujourd’hui, des entreprises du monde entier utilisent Google Ads pour générer du trafic, acquérir des leads et augmenter leur chiffre d’affaires.

Adwords a introduit un système d’enchères basé sur des mots-clés, une approche totalement nouvelle à l’époque. Les annonceurs pouvaient enchérir sur des mots-clés correspondant à leurs produits ou services. Leurs annonces apparaissaient alors à côté des résultats de recherche pertinents.
Le clou était le modèle de paiement au clic (PPC) : les entreprises ne payaient que lorsque les utilisateurs cliquaient sur leurs annonces, ce qui a rendu la publicité plus ciblée et plus rentable que jamais.
Depuis son lancement, la plateforme a considérablement évolué, passant de simples annonces textuelles à un système publicitaire très complexe avec optimisation basée sur l’IA, réseaux d’affichage, publicités vidéo et campagnes de shopping.
En février 2000, Microsoft a lancé Windows 2000 (en allemand), le successeur de Windows NT 4.0. À l’origine, il était censé réunir Windows 9x et NT, mais la version pour particuliers « Neptune » n’a jamais été commercialisée. À la place, il y avait seulement l’édition « Professional », destinée principalement aux entreprises.
Les dimensions étaient gigantesques : Windows 2000 était considéré comme le plus grand projet logiciel commercial de l’histoire, coûtant 2 milliards de dollars et mobilisant au moins 2000 programmeurs. Au cours du premier mois, Microsoft a vendu environ un million d’exemplaires.

Quelles étaient les nouveautés ? Active Directory a révolutionné la gestion des réseaux et a été très bien accueilli par les administrateurs. Windows 2000 a apporté le véritable Plug & Play, la gestion de l’énergie ACPI, la prise en charge USB et le mode veille. Pour la première fois, un système NT pouvait être utilisé de manière judicieuse sur les ordinateurs portables. L’interface ressemblait à celle de Windows 98, mais elle était nettement plus stable.
Le dilemme : pour les particuliers, le prix élevé constituait un obstacle. De nombreux gamers et gameuses ont conservé Windows 98 SE en parallèle, car les jeux fonctionnaient mieux sur ce système. Ce n’est qu’en 2001 que Windows XP a réuni les deux gammes de produits. En 2000, Microsoft a encore sorti Windows ME, le dernier système DOS.
Dans les entreprises, Windows 2000 est devenu légendaire et a conservé 48 % de parts de marché jusqu’en 2005. Il se distinguait par sa stabilité et était en avance sur son temps.
En 2000, Windows 2000 et ME ont rendu populaire un autre gadget qui allait devenir le cauchemar de tous les responsables informatiques en matière de sécurité : la clé USB (en allemand). Les nouveaux systèmes d’exploitation intégraient des pilotes de mémoire de masse USB. Les versions précédentes de Windows nécessitaient encore des pilotes externes, généralement fournis sur disquette.

IBM et la société singapourienne Trek ont commercialisé les premières clés USB, même si on ne sait toujours pas qui en est le véritable inventeur. Shimon Shmueli, employé chez IBM, avait déjà publié un brevet en 1999, mais les ingrédients existaient déjà auparavant. À la fin des années 90, il existait déjà des mémoires flash et, depuis 1996, des ports USB sur les PC.
Les premières clés d’une capacité de 8 à 128 mégaoctets (Mo) étaient disponibles à partir d’environ 100 francs suisses. Avec 0,7 Mo/s en lecture et seulement 0,4 Mo/s en écriture, leur vitesse semble dérisoire de nos jours, mais elle était tout de même nettement supérieure à celle des disquettes. À titre de comparaison, le SSD Lacie Rugged Pro 5 avec Thunderbolt 5 atteint aujourd’hui plus de 6000 Mo/s en lecture.
Au cours des années suivantes, les prix ont considérablement baissé, tandis que les capacités de stockage ont augmenté. Aujourd’hui, on trouve des modèles d’un téraoctet à moins de 100 francs. Les ventes ont atteint leur pic vers 2014, mais sont en baisse constante depuis lors, car de plus en plus de personnes utilisent le cloud pour stocker leurs données personnelles.
Ai-je oublié des technologies de l’année 2000 ? Qu’est-ce qui était révolutionnaire pour vous à l’époque ? Dites-le-nous dans les commentaires.
La technologie et la société me fascinent. Combiner les deux et les regarder sous différents angles est ma passion.
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