La créativité en captivité
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La créativité en captivité

Pia Seidel
Zurich, le 25.03.2020
Les designers nous montrent comment laisser libre cours à la créativité chez nous avec les choses qui nous entourent. Le seul mot d'ordre ? L'imagination !

Il convient d'essayer des choses nouvelles avant que l'ennui ne s'installe, et certains designers sur Instagram l'ont bien compris, à en juger leurs posts dans lesquels ils encouragent les gens à regarder leurs chez eux sous un jour nouveau ou à faire preuve de créativité en relevant un « défi ».

« Envoyez-moi votre chaise », écrit Max Enrich dans un post sur Instagram assorti d'une série de photos. Ce designer espagnol construit des modèles de chaises à partir d'objets ménagers qu'il trouve chez lui. Il demande à la communauté de faire de même en lançant un défi portant le nom de #isolationchair à l'issue d'un conseil prodigué sur le blog de décoration d'intérieur « Sight Unseen ». Sous ce hashtag figurent déjà près de 300 contributions. Certaines des « chaises » symbolisent actuellement des activités typiques : mots croisés ou puzzles.

Dans la communauté, la nourriture est largement utilisée pour la « construction » de la chaise.
Dans la communauté, la nourriture est largement utilisée pour la « construction » de la chaise.
Pas de limites : pour les chaises fictives, on utilise des matériaux fragiles.
Pas de limites : pour les chaises fictives, on utilise des matériaux fragiles.

« La créativité est en chacun de nous. Pour moi, elle est un bon moyen de garder l'esprit vif », déclare Max Enrich. « Même si la créativité est liée au design et à l'art, tout le monde en fait preuve, que ce soit pour cuisiner, écrire ou parler. Ce projet me donne justement l'occasion d'impliquer tout le monde. Chacun peut construire une pièce drôle sortie tout droit de l'imagination. J'ai choisi la chaise parce qu'elle est accessible.»

En plongée

Tout comme les défis qui vont et viennent, les histoires Instagram sont éphémères. En voici une qui, en ce moment, fait beaucoup parler d'elle, c'est une série de clichés du photographe Thomas Lohr. Comme il est confiné chez lui, ce photographe parisien immortalise chaque jour depuis son balcon les gens qui se déplacent à pied ou par le biais d'un véhicule.

Dans les photos, les gros plans deviennent un élément stylistique.
Dans les photos, les gros plans deviennent un élément stylistique.

Connu pour ses éditoriaux sur la mode, Thomas Lohr a régulièrement des top-modèles comme Mariacarla Boscono devant son objectif. Maintenant, c'est au tour des passants. Son travail montre qu'il n'a pas besoin de beaucoup plus que d'un sens du détail et de la composition.

Jeu d'ombres

Certaines personnes louent des emplacements coûteux pour exposer leurs photos. D'autres pratiquent leur magie à la maison : Delfi Carmona publie une photo sur Instagram presque quotidiennement. Ses mises en scènes, qui jouent avec la perception des observateurs, montrent soit cet artiste dans la peau de la protagoniste, soit des natures mortes composées de fruits et de couverts ou d'une combinaison d'articles ménagers, dont certains sont peints. Delfi Carmona se déguise souvent avec un objet ou se tient face au mur, dos à l'appareil photo. Son talent de photographe, elle le montre dans ses compositions certes, mais également dans son utilisation de la lumière et des ombres. Il semblerait qu'elle ne soit jamais à court d'idées.

L'ombre fait partie intégrante de sa composition.
L'ombre fait partie intégrante de sa composition.
Une nature morte moderne.
Une nature morte moderne.

Le travail de ces trois esprits créatifs est contagieux. Après avoir construit ma propre « Isolationchair », je laisse libre cours à mon imagination pour trouver quelque chose à faire de chez moi. Vous voulez savoir ce que c'est ? Alors, suivez-moi !

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Pia Seidel
Pia Seidel
Senior Editor, Zurich

« ll n'y a que deux façons de vivre sa vie : l'une en faisant comme si rien n'était un miracle, l'autre en faisant comme si tout était un miracle. Je crois en la dernière.» – Albert Einstein


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