HTA9 : le système Dolby Atmos « révolutionnaire » de Sony à l'essai
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HTA9 : le système Dolby Atmos « révolutionnaire » de Sony à l'essai

Luca Fontana
Zurich, le 05.07.2022
Traduction: Stéphanie König

Quatre haut-parleurs qui vous font croire que vous en avez douze. Révolutionnaire ? Non. Mais le son est tout de même impressionnant.

Le nouveau système sonore de Sony ne ressemble pas aux autres. Il n'y a pas de barre de son, mais quatre grandes enceintes et un boîtier qui n'est autre qu'un mini-ordinateur. Sony offre ainsi la meilleure scène sonore disponible pour les systèmes home cinéma dans sa catégorie de prix.

En fait, le constructeur japonais veut créer une passerelle : le HTA9 s'adresse à ceux qui envisagent d'acheter une barre de son parce qu'un système home cinéma beaucoup plus cher, qui dépasse la barre des 5000 CHF, genre Klipsch et Cie, n'entre pas en ligne de compte. Mais en même temps, le HTA9 veut se distinguer des barres de son – même les plus chères – en termes de son. D'où les quatre enceintes, qui ne sont pas vraiment petites, mais pas non plus aussi encombrantes que celles de la taille d'une armoire d'un système home cinéma.

Vous verrez dans ce test si Sony a réussi à atteindre son objectif.

Énormes, mais aussi stylées

La structure de l'histoire est fixe. J'ai placé les enceintes à partir de ma position assise, approximativement à l'avant gauche, à l'avant droit, à l'arrière gauche et à l'arrière droit ; le positionnement exact n'est pas si important, le logiciel s'en chargera plus tard. Ce dernier est commandé par le processeur, qui se trouve dans un petit boîtier séparé.

Un processeur a un rôle important à jouer dans les systèmes de son. Surtout lorsqu'on promet un son qui remplit la pièce avec des effets 3D sophistiqués, même s'il n'y a pas de haut-parleurs supplémentaires dans la pièce, par exemple avec les barres de son. Les fabricants tiennent cette promesse en manipulant numériquement le son à l'aide de calculs et d'algorithmes complexes. C'est là que le processeur entre en jeu : plus celui-ci est puissant, plus les calculs sont complexes et plus le son est audible.

Le fait que Sony ait même doté le processeur d'un boîtier propre témoigne d'une grande puissance de calcul, comme pour un récepteur. Tant mieux.

Le boîtier de Sony ressemble un peu à un récepteur. Et non, il n'y a pas de boutons.
Le boîtier de Sony ressemble un peu à un récepteur. Et non, il n'y a pas de boutons.

Ensuite, je sélectionne l'optimisation automatique du champ sonore dans le menu des enceintes. Il ne faut le faire qu'une seule fois, lors de l'installation. Imaginez un dôme imaginaire qui se trouve au-dessus de vous : tout d'abord, les haut-parleurs émettent des sons étranges dont les ondes sonores sont réfléchies par les murs, les fenêtres et le plafond. Les microphones des enceintes les captent ensuite à nouveau. Avec les données qui en résultent, le processeur se fait une image acoustique du salon. Il optimise ainsi le champ sonore – le « dôme » – indépendamment de l'endroit où les enceintes ont été positionnées.

Le clou : en plus des quatre canaux sonores physiques des enceintes, le processeur simule huit canaux sonores virtuels supplémentaires, soit un total de douze canaux sonores :

  • deux à l'avant,
  • deux sur les côtés,
  • deux à l'arrière,
  • quatre au-dessus et
  • deux caissons de basses.

Voilà : un champ sonore avec un système 6.2.4. Au total, il atteint une puissance nominale de 504 watts.

Optimisation du champ sonore à partir de la seconde 9. Vous n'avez pas besoin de gesticuler dans le salon, le téléphone portable en main.

Concernant les enceintes : les cylindres beiges de quatre kilos ne passent pas inaperçus. Sur mon meuble TV, ils tiennent tout juste à côté du téléviseur de 65 pouces. Je les trouve quand même stylés. J'aime la forme cylindrique et le design de la grille : les revêtements en tissu, comme on en voit souvent sur les haut-parleurs et qui attirent la poussière comme la lumière attire les mites, sont un no-go pour moi.

Le boîtier et les haut-parleurs sont alimentés en électricité par des câbles. Vous devez donc être conscient que vous aurez besoin de nombreuses prises et/ou rallonges électriques libres si vous songez à l'acheter. Aucun autre câble n'est nécessaire pour le boîtier du processeur lui-même, les enceintes communiquent entre elles via WiFi. Le boîtier, quant à lui, est relié au téléviseur par un câble HDMI fourni. Le son parvient ainsi au boîtier et, de là, aux enceintes via le WiFi. Si vous utilisez le HTA9 pour écouter de la musique, par exemple avec Spotify, tout fonctionne de toute façon via WiFi.

Qu'a-t-il dans le ventre ? Beaucoup de points positifs !

Le truc avec le processeur qui manipule le son numériquement : si le son était un muscle – un muscle numérique – alors trop de manipulations numériques agiraient comme des anabolisants. En bref : le son semble artificiel. Ou si j'explique la chose de façon plus ésotérique : la sensation de chaleur et de bien-être que procure l'écoute d'un son ou d'une musique fait défaut. Les pilotes intégrés aux haut-parleurs sont donc tout aussi importants que le processeur, car ils restituent le son et le rendent naturel, malgré les manipulations numériques.

Sony a intégré ce qui suit dans chaque enceinte :

  • un tweeter à dôme souple rayonnant vers l'avant pour les fréquences plus élevées,
  • un woofer elliptique à large rayonnement pour les fréquences moyennes et les basses,
  • un haut-parleur qui rayonne vers le haut pour un son venant d'en haut et
  • deux microphones pour l'optimisation du champ sonore et la commande vocale (Assistant Google et Alexa).
Les enceintes attirent définitivement le regard ; en bien ou en mal, tout dépend de la perspective.
Les enceintes attirent définitivement le regard ; en bien ou en mal, tout dépend de la perspective.

Les connexions suivantes sont disponibles :

  • 1x sortie HDMI 2.1, compatible ARC et eARC,
  • 1x entrée HDMI 2.1,
  • 1x LAN,
  • 1x sortie S-Center,
  • 1x interface USB pour les mises à jour via une clé USB,
  • Chromecast intégré et
  • Bluetooth 5.0.
Le son arrive au boîtier via le canal ARC/eARC. Si vous branchez un appareil séparé à l'entrée HDMI, l'image est transportée vers le téléviseur via la sortie HDMI.
Le son arrive au boîtier via le canal ARC/eARC. Si vous branchez un appareil séparé à l'entrée HDMI, l'image est transportée vers le téléviseur via la sortie HDMI.

Contrairement à sa concurrente, la Sonos Arc, vous obtenez ici une connexion HDMI supplémentaire. « Alléluia ! », me dis-je. En effet, j'ai personnellement tellement d'appareils externes que les quatre entrées HDMI de la plupart des téléviseurs ne suffisent plus depuis longtemps. Le port supplémentaire du boîtier est donc plus que bienvenu.

Les formats sonores pris en charge sont également très appréciables :

  • Dolby Atmos,
  • Dolby TrueHD,
  • DTS-X,
  • DTS Digital Surround,
  • 360 Reality Audio et
  • FLAC, ALAC et DSD.

Lorsqu'on regarde la télévision, les formats de son comportant peu de canaux, comme la stéréo, sont automatiquement mis à l'échelle et répartis sur un maximum de douze canaux sonores. Mais j’y reviendrai plus tard. En revanche, lorsque vous écoutez de la musique, les formats moins qualitatifs sont suréchantillonnés sur DSEE Extreme, à condition que la musique soit diffusée sur les enceintes via WiFi. Si ces abréviations ne vous disent rien, alors : le DSEE Extreme est assez proche des formats haute résolution de haute qualité. Peu importe ce que vous écouterez avec le HTA9 : le son sera plutôt bon.

Et dans la pratique ?

Il est temps de tester ce concentré de théorie dans la pratique. Je commence par The Tomorrow War. Le film, avec Chris Pratt dans le rôle principal, parle d'une guerre qui sera combattue et perdue dans le futur. C'est pourquoi les humains voyagent dans le passé (notre présent) afin d'obtenir des renforts sous forme de chair à canon. C'est exactement là que commence ma scène de test. Pour les systèmes audio, c'est un défi particulier, car le son doit aussi venir d'en haut ; un son vertical.

Source : Amazon Prime Video. Son : anglais, Dolby Atmos.

Ça tremble et ça vrombit autour de moi, alors que des éclairs et des champs d'énergie pourpres ouvrent la porte du futur. Puis, dans un grand bruit, un vortex s'ouvre sur Chris Pratt et les autres soldats, un bruit que j'ai presque l'impression d'entendre au-dessus de ma propre tête. La verticalité dans la scène sonore n'est pas seulement bonne. Elle est géniale. Un par un, les soldats sont aspirés par le vortex. Leurs cris de surprise résonnent. Je suis à nouveau étonné par la verticalité. Ensuite, c'est au tour de Pratt. Son vol à travers l'espace et le temps remplit acoustiquement tout mon salon. Ça vrombit. Ça siffle. Il y a des éclairs. Le tonnerre gronde. Le groupe fait un bond dans le futur. La suite est troublante.

Pratt, moi et des dizaines d'autres voyageurs temporels nous retrouvons soudain à des centaines de mètres au-dessus du sol, au milieu d'un nuage et nous tombons. Le vent siffle de tous les côtés. Les cris aussi. Depuis les enceintes de devant. Puis de celles du fond. Le regard de Pratt se baisse. Les toits se rapprochent à toute vitesse ; ce doit être ceux de gratte-ciels. Les premiers soldats malchanceux s'écrasent sur la pierre dure. Les os se brisent. Les corps sont comprimés. La basse fait du bruit. Le tonnerre continue de gronder autour de moi. Puis je vois comment certains manquent les toits, continuent de tomber, toujours plus bas. Les cris s'atténuent. Les poils de ma nuque se dressent.

Pause.

L'horreur m'a fait m'enfoncer profondément dans mon canapé. Je change de film. Blade Runner 2049. Ryan Gosling cherche des indices sur sa véritable identité dans la région reculée de San Francisco. Son vol en navette se déroule dans le calme. Les images du cameraman Roger Deakins sont une merveille. Peut-être justement parce que la musique de Hans Zimmer, proche de celle de Vangelis, s'échappe des enceintes. Le son est profond. Calme. Différent. Comme ce moment de calme infini juste avant le réveil, auquel on essaie constamment de s'accrocher avant que les yeux ne s'ouvrent.

Source : Blu-ray UHD. Son : anglais, Dolby Atmos.

Il pleut. De grosses gouttes lourdes s'écrasent sur le pare-brise de la navette ; les deux enceintes devant moi émettent un son à la fois sourd et dur. Ensuite, la perspective change et l'environnement sonore aussi. On voit la navette de l'extérieur. La pluie a un autre son. Plus agréable. Remplissant tout mon salon, comme si je me trouvais au milieu de la forêt par une fraîche journée d'automne, où chaque goutte autour de moi qui s'écrase sur une feuille peut être entendue.

Tout à coup, le bruit de fond s'arrête. Un calme trompeur s'installe : l'énergie de la navette a été coupée de l'extérieur. Elle flotte silencieusement dans l'air en descendant. Puis ça siffle de l'avant gauche en travers de mon épaule vers le haut-parleur arrière droit. Quelqu'un a tiré sur la navette – sur moi ! – mais le tir m'a manqué. Je n'ai que peu de temps pour me réjouir de la précision du rendu sonore. Puis un deuxième coup de feu. Cette fois, il n'a pas loupé sa cible. Les enceintes grincent. Quelque chose s'est cassé. Dans le film, pas dans les haut-parleurs. La navette ne flotte plus. Elle s'écrase.

J'éteins la télé.

Un prix élevé justifié

Je pourrais continuer indéfiniment avec de tels exemples. Ce qui est sûr, c'est que même ma Sonos Arc avec ses deux enceintes et le caisson de basses n'arrivent pas à la cheville du HTA9. Pourtant, les produits Sonos étaient pour moi la référence en matière de systèmes complets de home cinéma aux alentours de 2000 CHF.

Le HTA9 de Sony a un son non seulement plus massif, mais aussi plus précis. Surtout à la verticale ; c'est là que j'ai entendu le plus clairement les différences avec mon installation privée. Ce n'est pas vraiment surprenant : alors que chez moi, seule la barre de son Arc de Sonos a des haut-parleurs orientés vers le haut, le HTA9 de Sony en a quatre, qui sont en outre nettement plus volumineux. Cela permet d'obtenir un son plus puissant, qui nécessite moins de manipulations numériques pour remplir l'espace, un autre point en faveur du HTA9.

Plus le prix. Au moment de la rédaction de cette revue, le 13 janvier 2022, le HTA9 coûte environ 1999 CHF. Ce n'est pas rien, mais toujours moins que les 2150 CHF que vous devrez débourser actuellement pour mon installation home cinéma de Sonos. Et en plus, son son est meilleur. Ce n'est que de temps en temps que j'ai dû faire face à de courtes coupures. Des interruptions, peut-être dues à des interférences WiFi. Mais elles n'ont jamais duré assez longtemps pour influencer mon opinion de manière déterminante.

Si je n'avais pas déjà la Sonos Arc, j'achèterais le HTA9.
Si je n'avais pas déjà la Sonos Arc, j'achèterais le HTA9.

Bilan : je le recommande vivement

Sony m'a promis une révolution sonore lors de la remise de cet appareil de test. Je n'utiliserais peut-être pas ces mots, mais le HTA9 m'a tout de même enthousiasmé. Il est plutôt facile à installer et les enceintes sont visuellement agréables. Le son est effectivement meilleur que celui de mon système de home cinéma actuel avec barre de son ; même s'il n'est pas vraiment révolutionnaire.

Le prix devrait en laisser plus d'un pantois ; mais pas les acheteur·ses de Sonos, qui sont habitué·es à payer cher. Le Samsung HW-Q950A a un son comparable, du moins sur le papier et ne coûte « que » 1299 CHF. Je ne l'ai pas encore testé. C'est pourquoi je ne peux pas faire de comparaison. Peut-être que c'est le prochain système audio que je vais tester ?

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Vivre des aventures et faire du sport dans la nature et me pousser jusqu’à ce que les battements du cœur deviennent mon rythme – voilà ma zone de confort. Je profite aussi des moments de calme avec un bon livre sur des intrigues dangereuses et des assassins de roi. Parfois, je m’exalte de musiques de film durant plusieurs minutes. Cela est certainement dû à ma passion pour le cinéma. Ce que j’ai toujours voulu dire: «Je s’appelle Groot.» 


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