
En coulisse
Sony présente la LED RVB : l’avenir du téléviseur semble soudain à portée de main
par Luca Fontana

Hisense présente au CES 2026 de nouveaux téléviseurs phares équipés de mini-LED RGB et de Dolby Vision 2. L'annonce sonne comme un renouveau. Mais qu'est-ce qui constitue une véritable innovation - et qu'est-ce qui n'est pour l'instant qu'une promesse ?
Au CES 2026 de Las Vegas, Hisense présentera ses nouveaux téléviseurs phares. Les modèles UR9S et UR8S utilisent des mini-LED RGB pour le rétroéclairage et font partie des premiers téléviseurs qui devraient supporter Dolby Vision 2 dès 2026.
Sur le papier, c'est une déclaration de guerre à l'OLED et aux mini-téléviseurs LED classiques. Mais dans la pratique, cette annonce soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses.
RGB-Mini-LED est une évolution des mini-rétroéclairages LED classiques. Au lieu de produire une lumière blanche qui est ensuite colorée par des filtres de couleur ou des points quantiques, les systèmes RGB utilisent directement des LED rouges, vertes et bleues dans le rétroéclairage. Cela promet moins de pertes de lumière, un volume de couleurs plus élevé et, en théorie, un contrôle plus précis de la luminosité et des couleurs.
Hisense parle d'une nette amélioration de la représentation des couleurs, de pics de luminosité très élevés et de moins de blooming dans les zones sombres de l'image. Le fabricant ne donne toutefois pas de chiffres concrets. Hisense ne donne aucune indication sur le nombre de zones de gradation ni sur le pilotage effectif des diodes RVB.
C'est pourtant un point crucial, car des LED plus nombreuses et plus petites ne garantissent pas à elles seules une meilleure qualité d'image. La qualité d'affichage des scènes sombres sur un téléviseur LCD dépend en grande partie de la finesse de la gradation locale et de la capacité du processeur d'image à contrôler simultanément des milliers de zones lumineuses. En l'absence de ces informations, l'avantage pratique par rapport aux modèles haut de gamme à mini-DEL actuels reste incertain.
Sony est sur la même longueur d'onde : j'ai eu l'occasion de voir de mes propres yeux un mini téléviseur LED RVB à l'IFA de Berlin.
Pour le reste des données de référence, Hisense mise également sur les superlatifs. Les nouveaux téléviseurs devraient pouvoir atteindre dix mille ( !) nits ainsi que des taux de rafraîchissement allant jusqu'à 180 Hertz en 4K, voire 300 Hertz en résolution réduite.
C'est techniquement impressionnant pour le jeu sur PC, mais largement hors de propos pour les joueurs sur console. La PlayStation 5 et la Xbox Series X sont limitées à 120 Hertz, et ce chiffre ne devrait pas non plus avoir d'importance au quotidien pour la plupart des utilisateurs.
La prise en charge annoncée de Dolby Vision 2 est en revanche beaucoup plus intéressante. La nouvelle norme HDR de Dolby promet des ajustements d'image plus intelligents, un rendu des noirs plus fin, un meilleur contrôle des mouvements et une plus grande intégration des intentions créatives des cinéastes. Un «Gamechanger» pour l'industrie, nouveau aussi pour l'upscaling, comme on me l'a expliqué lors du dernier IFA.
C'est notamment le MediaTek Pentonic 800, un processeur extrêmement puissant, qui est utilisé dans les nouveaux téléviseurs Hisense. Toutefois, Hisense indique lui-même que le Dolby Vision 2 ne sera peut-être pas disponible avant une mise à jour du firmware. De plus, il n'y a actuellement pratiquement aucun contenu qui utilise la nouvelle norme.
Pour les consommateurs finaux, cela signifie que la technologie a été annoncée, mais qu'elle n'est pas encore arrivée. On ne sait pas quand le contenu Dolby Vision 2 sera disponible à grande échelle, ni quelles fonctions seront effectivement activées sur quels modèles.
Dolby fait en effet lui-même la distinction entre une version complète «Max» et une version allégée pour les appareils moins puissants. Cela ne rend pas l'écosystème HDR, déjà très dense, plus lisible. En conséquence, les grands fabricants comme Samsung, LG ou Sony s'adaptent encore à cette évolution majeure : Leurs modèles 2026 «n'auront que» Dolby Vision 1.0.
Un autre détail concerne la stratégie logicielle de Hisense : alors que les nouveaux modèles devraient arriver aux États-Unis avec Google TV, le fabricant chinois continue de miser sur sa propre plateforme Vidaa en Europe. Si ce n'est plus un critère KO aujourd'hui pour les applications de streaming, les différences en termes de vitesse de mise à jour, de choix d'applications et de support à long terme restent un thème.
En définitive, Hisense montre surtout une chose au CES 2026 : son ambition. Le fabricant ne veut plus être perçu dans le segment premium uniquement par le prix, mais comme un pionnier technologique. Mini-LED RGB et Dolby Vision 2 sont les mots d'ordre pour cela. Mais il faudra attendre des essais indépendants pour savoir s'il en résulte un réel avantage dans le salon, si le Local Dimming fonctionne bien, si le traitement de l'image est stable et si Dolby Vision 2 est plus qu'un logo sur la boîte.
En attendant, l'annonce reste exactement cela : une promesse forte - et une invitation à y regarder de plus près avant de se laisser aveugler.
J’écris sur la technologie comme si c’était du cinéma – et sur le cinéma comme s’il était réel. Entre bits et blockbusters, je cherche les histoires qui font vibrer, pas seulement celles qui font cliquer. Et oui – il m’arrive d’écouter les musiques de films un peu trop fort.
Du nouvel iPhone à la résurrection de la mode des années 80. La rédaction fait le tri.
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