«D’un coup, il est minuit et je suis encore devant ma machine»

«D’un coup, il est minuit et je suis encore devant ma machine»

Carolin Teufelberger
Zurich, le 26.09.2018
Traduction: Anne Chapuis
C’est dans une chambre pleine de tissus colorés et de fils qu’Anne Chapuis se sent à l’aise. Quand elle coud, elle se détend, ne voit pas le temps passer et crée des choses que personne d’autre n’a.

«Tenir quelque chose fait soi-même dans les mains est merveilleux», voilà comment Anne Chapuis, traductrice chez digitec et Galaxus, décrit sa fascination pour la couture. De plus, sa passion lui permet de compenser son travail plutôt intellectuel. «Quand on coud, on est dans le moment et il faut se concentrer sur ce qu’on est en train de faire afin d’éviter les erreurs.»

La couture avec maman

Cela fait longtemps que la couture a fait son entrée dans la vie d’Anne. Elle a grandi en France, dans le département de la Savoie où sa maman lui a fait découvrir la couture ainsi qu’à son frère. Au début, ses projets se limitaient à des sacs et des housses de coussin. «Ces choses ne sont pas très difficiles», dit-elle. Un jour, elle a essayé de coudre des vêtements et a persévéré. Quand elle a emménagé chez sa grand-mère à Hüttikon, elle a continué à coudre, même si sa grand-mère ne voulait plus rien à voir avec cette activité. «Dans sa jeunesse, ma mamie a beaucoup cousu pour ses enfants, mais après tant d’années de labeur, elle en a eu marre.»

Propre boutique en ligne

Cela fait maintenant bien deux ans qu’Anne vend ses pièces uniques sur son site Internet «Swanne». «Pour le moment je n’ai travaillé que sur demande et sur la base du bouche-à-oreille.» Elle coud principalement des vêtements, mais il y a toujours d’autres pièces qui se glissent dans son assortiment. «J’ai déjà fait quelques lapins en peluche pour des collègues de travail. L’idée est venue de notre productrice vidéo Stephie Tresch.» Elle pourrait bien imaginer vivre de la couture, mais c’est incroyablement difficile. «Il me faudrait trouver quelque chose que personne d’autre n’a ou ne propose. Après tout, il existe beaucoup de vêtements à des prix bien plus bas.»

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La notion du temps se perd

Quand Anne coud, elle ne voit pas le temps passer. «Quand je couds dans ma chambre, je veux terminer mon projet.» Il n’est pas rare qu’elle sous-estime le nombre d’étapes restantes à compléter. «D’un coup, il est minuit et je suis encore devant ma machine. Heureusement que son copain a un hobby tout aussi prenant et comprend la situation». «Beat aime bien assembler des maquettes d’avion et a son atelier de bricolage juste à côté de ma chambre.» Ainsi, chacun a son royaume pour s’immerger dans son propre passe-temps.

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Pfaff un jour, Pfaff toujours

Dans son atelier de couture se trouvent beaucoup de tissus et de fils tout comme deux machines à coudre. Une machine à coudre et à broder Pfaff et une surjeteuse qui coupe et surfile le tissu en une seule opération. Mais elle l’utilise moins que son autre machine polyvalente. «Ma maman avait déjà une Pfaff. C’est d’ailleurs sur cette dernière que j’ai fait mes premiers essais. Mais elle ne peut être comparée au modèle high-tech que je possède maintenant.» À la base, une machine «normale» fait aussi l’affaire, mais le modèle grand luxe est bien plus agréable à utiliser. L’ancienne machine d’Anne avait ses particularités. La machine démarrait tranquillement, mais au moindre coup de pédale trop fort, elle devenait folle. «Mes travaux étaient donc parfois imprécis.» Maintenant, si quelque chose n’est pas bien fait, c’est entièrement de ma faute.

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Sur le chemin de l’école

Afin de réduire ses erreurs à un minimum, Anne fréquence l’École suisse du textile (Schweizersische Textilfachschule) à Zurich depuis un an. «Je pourrais certainement acquérir ce savoir après des années d’essais et d’erreurs, mais savoir comment aborder les choses à l’avance n’est pas une mauvaise chose.» Chaque semestre l’accent est mis sur un nouveau vêtement. «Nous avons commencé avec la jupe, ensuite le chemisier et cette année, nous nous attaquons au pantalon et poursuivrons avec le manteau.» Elle apprend toutes les bases sur ces différents vêtements, du patron aux différents matériaux à employer jusqu’au repassage et au découpage du tissu.

Je pourrais me passer des fermetures éclair

Malgré les deux jours d’école, elle ne boude pas son atelier de couture à la maison, au contraire. Trois à quatre fois par semaine, elle s’installe à son bureau pour coudre, dessiner des patrons ou faire des dessins techniques. «Avant, j’utilisais des patrons provenant de magazines que je modifiais légèrement. Maintenant que je sais comment fonctionne la théorie, je peux aller sur Pinterest ou d’autres sites et recréer les vêtements qui me plaisent».

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Avec toute cette expérience dans le domaine de la couture, elle doit certainement avoir des préférences. «Je n’ai pas de projet ou de technique préféré, mais je pourrais me passer des fermetures éclair». Elle ne sait pas exactement ce qu’elle aimerait faire: «Je veux juste être capable de pouvoir recréer un vêtement tel que je me le suis imaginé et que ce dernier aille comme un gant».

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Carolin Teufelberger
Carolin Teufelberger
Editor, Zurich
Élargir mon horizon: voilà comment je résumerais ma vie en quelques mots. J'aime découvrir de nouvelles choses et en apprendre toujours plus. Je suis constamment à l'affût de nouvelles expériences dans tous les domaines: voyages, lectures, cuisine, cinéma ou encore bricolage.

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