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Voyage 200 : « Super Mario » sur calculette

David Lee
30/12/2025
Traduction : Martin Grande
Photos: David Lee

La TI Voyage 200 de 2002 floute les frontières entre une calculatrice et un PC.

Dès les années 80, les calculatrices de poche sont devenues tellement sophistiquées qu’elles ressemblaient à des mini-ordinateurs programmables. La Sharp PC-1403H en est un bon exemple. Comme beaucoup de ma génération, je l’ai eue au collège. Après l’avoir exhumée de la naphtaline, ça m’a tellement amusé que j’ai acheté la Sharp PC E-200, plus puissante. Et je n’en avais toujours pas assez. J’ai donc fait l’acquisition d’une Voyage 200 de Texas Instruments, devenant véritablement et définitivement un collectionneur de calculatrices vintage.

Ce modèle est beaucoup plus récent, puisqu’il date de 2002. Sur le principe, c’est toujours une calculatrice programmable en BASIC avec un écran LCD non éclairé. Elle est donc capable d’afficher des caractères et de réaliser des graphiques. La Voyage 200 devrait donc être plus adaptée à la programmation de jeux que mes deux calculettes Sharp.

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Presque un PC

La TI Voyage 200 est dotée d’une interface utilisateur graphique qui permet de sélectionner des applications et d’accéder à des menus. Elle utilise un processeur Motorola 68000. Cette puce équipait presque tous les Mac cubiques, l’Amiga 500, l’Atari ST et la Sega Mega Drive. Dans les années 80, ce processeur était à la pointe de la modernité. En 2002, ce n’était plus du tout le cas, mais il était vraisemblablement peu cher et plus que suffisant pour une calculatrice.

La Voyage 200 était encore en vente sur notre boutique en ligne jusqu’en 2014. Cette année-là, seuls deux exemplaires se sont vendus, au prix de 279 francs suisses. Aujourd’hui, on la trouve d’occasion à 50 francs suisses et avec un peu de chance même moins.

Ce n’est pas un jouet !

Jusqu’à présent, je ne suis pas parvenu à programmer quelque chose à moi sur l’appareil. La puissance serait certainement suffisante, mais la Voyage 200 fonctionne de manière très différente de Sharp et j’ai du mal à m’y retrouver.

Malgré l’interface graphique, l’utilisation me semble étonnamment peu intuitive : sans manuel, je n’y comprends rien. Ce dernier est heureusement « old school », chaque étape y est expliquée dans les moindres détails. Il faudrait que je m’y plonge pendant des heures... Internet Archive possède un émulateur en ligne de la Voyage 200, si vous voulez vous faire votre propre idée.

Ce que je ne sais pas encore, c’est si la Voyage 200 peut émettre du son. Il existe des logiciels audio pour elle, ce qui laisse entendre qu’elle en est capable, mais je n’ai pas trouvé d’autres indications à ce sujet, même pas dans le manuel, et ma calculette reste pour l’instant muette. Peut-être peut-on tirer un son de la sortie E/S à l’aide d’un adaptateur. Une calculatrice scientifique n’a pas besoin de sons, mais pour les jeux, c’est quand même important.

« Doom » non, « Super Mario » oui

Super Mario 68K montre tout ce qu’il est possible de faire comme jeux sur la Voyage 200. Celui-ci est censé tourner sur toutes les calculatrices Texas Instruments embarquant le processeur Motorola 68000. Il existe en outre un concepteur de niveaux.

Mais comment installer un jeu ? La Voyage 200 est fournie avec un adaptateur USB, ce qui permet de la brancher directement à un PC ou à un Mac. Le transfert de données nécessite une application spéciale appelée TI-Connect. Hélas, celle-ci ne détecte plus la Voyage 200 sur les Mac récents à architecture Apple Silicon. Je dois utiliser l’ordinateur de quelqu’un d’autre si je veux installer quelque chose sur la calculatrice.

Un adaptateur USB pas tout à fait comme les autres.
Un adaptateur USB pas tout à fait comme les autres.

Super Mario mérite bien que je fasse cet effort. J’ai ensuite dû chercher sur Google comment démarrer le jeu avant de me retrouver bloqué sur l’écran d’aperçu. J’ai fini par comprendre qu’il fallait appuyer sur la flèche de droite puis sur la touche manuelle. Au moins, je peux jouer ! Même si je suis sacrément nul... Le jeu est bien fait, mais j’ai beaucoup de mal avec l’écran LCD, lent et peu contrasté. Nintendo a sorti un jeu Mario aux graphismes simplifiés et contrastés pour la première Game Boy (Super Mario Land) et je comprends pourquoi en voyant celui-ci. La musique me manque aussi, mais le simple fait qu’un Super Mario fonctionne sur une calculatrice est déjà génial en soi.

Peut-être que je réussirai à créer mon propre jeu un jour.

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Mon intéret pour l'informatique et l'écriture m'a mené relativement tôt (2000) au journalisme technique. Comment utiliser la technologie sans se faire soi-même utiliser m'intéresse. Dans mon temps libre, j'aime faire de la musique où je compense mon talent moyen avec une passion immense. 


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