Test de produit

Test du premier robot aspirateur de DJI

Lorenz Keller
10/2/2026
Traduction : Martin Grande

Le premier aspirateur-robot de DJI surprend par son design hors du commun... et son prix élevé. Test pratique du premier appareil électroménager de chez le spécialiste des drones et des caméras d’action.

Au premier abord, j’ai été surpris que DJI lance un aspirateur-robot. Le fabricant chinois est jusqu’ici connu dans le monde entier pour ses drones et ses caméras d’action. À y regarder de plus près, ce n’est pourtant pas si incongru, car les compétences clés de DJI jouent aussi un rôle dans les robots aspirateurs : moteurs, capteurs et caméras.

Quel design, et quel choc

Le DJI Romo est disponible en trois versions. J’ai examiné le Romo P, ne serait-ce que pour son design. Le robot et la station de base se dévoilent en toute transparence : ils sont fabriqués en polycarbonate, un plastique transparent.

À travers le boîtier, j’aperçois une partie des composants internes.
À travers le boîtier, j’aperçois une partie des composants internes.

Le résultat est bluffant. C’est le plus bel aspirateur robot que j’aie jamais vu. J’aurais envie de le placer au centre du salon plutôt que de le cacher dans un coin. Le design me rappelle Nothing ou Teenage Engineering

Nothing Ear (3) (ANC, 22 h, Sans fil)
Écouteurs
CHF115.–

Nothing Ear (3)

ANC, 22 h, Sans fil

Nothing Ear (3) (ANC, 22 h, Sans fil)
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Rassurez-vous : malgré les parties transparentes, vous n’aurez pas à contempler votre propre poussière. L’intérieur est conçu de façon à ce que ni la saleté ni l’eau usée ne soient visibles.

Lors de l’installation de la station de base, je marque soudain un temps d’arrêt. Deux cartouches reposent dans le carton. DJI n’a quand même pas… ? Non ! Si ?! Oh !! DJI n’a effectivement pas intégré de réservoirs pour le produit nettoyant, mais mise sur deux cartouches qui rappellent les cartouches d’imprimante, proposées à des tarifs corsés : 15 francs pour 400 millilitres de nettoyant pour sols ou 200 millilitres de Floor Deodorizer (déodorant pour le sol). Le tout rappelle effectivement les imprimantes bon marché subventionnées par des cartouches d’encre hors de prix.

Chez la concurrence, j’obtiens un litre de solution nettoyante pour le même prix. De plus, la plupart des fabricants ont abandonné le système de cartouches (du moins sur les modèles haut de gamme) au profit de réservoirs que l’on peut remplir soi-même. Je suis donc libre de choisir le produit que je souhaite utiliser, même si le fabricant recommande toujours le sien.

Le coûteux produit nettoyant se trouve dans cette cartouche.
Le coûteux produit nettoyant se trouve dans cette cartouche.

Les cartouches sont conçues de manière à pouvoir être dévissées, mais sans qu’il soit possible de les recharger soi-même. Point positif : le robot fonctionne aussi uniquement avec de l’eau, ce que j’ai souvent fait par le passé et qui donne des résultats satisfaisants en cas d’utilisation fréquente. L’odeur de propre est simplement moins présente.

Installation et appli : précises et claires

L’expérience de DJI en matière d’applis et d’électronique se manifeste dès l’installation. La connexion entre le robot, le Wi-Fi et l’appli s’établit en un éclair. Pour la première fois, je peux connecter un robot au réseau 5 GHz, plus moderne. Tous les autres modèles testés jusqu’ici (comme la plupart des appareils domestiques connectés) exigeaient la bande 2,4 GHz, plus ancienne et plus lente, ou au moins un réseau mixte.

Dès l’installation, le logiciel propose d’activer la « recharge adaptative automatique ». Le robot n’est alors chargé qu’à 80 pour cent de la capacité de sa batterie, ce qui est censé prolonger la durée de vie de l’accumulateur. Une bonne idée, mais uniquement pour les logements de moins de 150 mètres carrés. En effet, comme le montre le test, la charge à 80 pour cent permet de nettoyer 120 mètres carrés, mais il ne reste alors qu’environ 20 pour cent de réserve. Si l’on souhaite relancer un nettoyage dans la foulée, il faut d’abord attendre que la batterie remonte au-dessus de 30 pour cent. Il est possible de modifier ce réglage à tout moment.

Lors du premier démarrage, le DJI Romo met onze minutes pour cartographier l’appartement. C’est une bonne performance.

Après la cartographie, le robot se révèle rapide et très précis. Il a correctement délimité les pièces et en a identifié deux avec le bon nom. Il me reste simplement à attribuer la bonne désignation aux autres pièces, puis je peux lancer le premier nettoyage.

L’appli est esthétique, claire et rapide.
L’appli est esthétique, claire et rapide.

L’appli est d’ailleurs, sur le plan graphique, la plus belle et la plus lisible que j’aie testée à ce jour. Vous voyez en permanence ce que le robot est en train de faire. Les boutons sont grands et clairement libellés.

Une restriction cependant : la carte de l’appartement ne s’affiche qu’après un clic. Chez DJI (comme chez presque tous les concurrents), il faut donc un geste supplémentaire pour nettoyer des pièces ou des zones spécifiques. J’utilise souvent cette fonction, ce qui rend le clic supplémentaire agaçant. Si vous souhaitez simplement lancer le nettoyage complet de l’appartement d’un seul geste, cela ne pose évidemment aucun problème.

Nettoyage : silencieux et efficace

DJI mise sur un concept éprouvé. Le robot aspire avec une puissance annoncée de 25 000 pascals et dispose de deux serpillières rondes rotatives pour laver le sol. La brosse et une serpillière peuvent se déployer latéralement pour nettoyer les bords et les coins.

Le résultat est bon, sans être exceptionnel. La poussière et les salissures légères ne posent aucun problème. Pour les taches incrustées, les modèles récents équipés d’un rouleau font un peu mieux. Le nettoyage est globalement comparable à celui du Dreame X50 Ultra Complete, commercialisé depuis un an déjà.

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Ce qui frappe : le robot nettoie dans l’ensemble assez lentement, bien qu’il navigue plus vite et plus précisément que bon nombre de ses rivaux. Il retourne par défaut à la station de base toutes les quinze minutes pour rincer ses serpillières. Il lui faut ainsi près de deux minutes par mètre carré pour aspirer et laver.

La brosse en deux parties, qui empêche les cheveux de s’enrouler, constitue un bon point. DJI livre d’ailleurs le Romo P avec deux brosses différentes. J’ai testé la version standard, entièrement en caoutchouc. L’alternative est un modèle à poils, censé être encore plus efficace contre les cheveux. Dans un foyer avec deux chats et deux personnes aux cheveux longs, la version standard a déjà donné d’excellents résultats.

La brosse en deux parties empêche les cheveux de s’emmêler.
La brosse en deux parties empêche les cheveux de s’emmêler.

Avec le Roborock Saros 10, le robot est le plus silencieux que j’aie testé à ce jour. J’ai mesuré 57 décibels à un mètre de distance. Comme le bruit est plutôt sourd que strident, il est tout à fait possible de vaquer à ses occupations dans la même pièce pendant que le Romo nettoie.

Il lave les serpillières à 60 degrés avant de les sécher à l’air chaud. Le sac à poussière est également maintenu au sec et exposé aux UV, ce qui est censé lutter contre les acariens, les bactéries et les germes.

Navigation très bonne, mais pas infaillible

Le Romo jouit d’une réputation flatteuse : il serait équipé du meilleur système de capteurs du secteur. C’est, après tout, l’un des domaines d’excellence de DJI, forgé dans la fabrication de drones. Pour un test, j’ai disposé de petits objets dans la cuisine : une balle pour chat, un stylo à bille, une pince à linge, deux cartes à jouer et une boule de ouate de la taille d’une bille, rescapée du réveillon. Il est tout à fait réaliste que ce genre d’objets traîne chez moi.

Le robot détecte effectivement tous les obstacles et les contourne avec élégance. C’est remarquable : d’autres robots ont généralement poussé les objets de la taille d’une boule de ouate, ou carrément roulé sur la balle, qui s’est coincée dans la brosse.

Le robot détecte même les plus petits obstacles, comme je peux le voir sur l’appli.
Le robot détecte même les plus petits obstacles, comme je peux le voir sur l’appli.

Le Romo pèche néanmoins par excès de zèle. Il tente de nettoyer les surfaces si près des obstacles qu’il accroche le stylo puis les cartes à jouer avec ses brosses latérales, alors que ces deux obstacles avaient bien été détectés et contournés au préalable. Au retour, le robot pousse les obstacles droit devant son châssis : il balaye l’une des cartes, et le stylo passe sous les roues.

Le DJI Romo contourne le jouet pour chat.
Le DJI Romo contourne le jouet pour chat.

En dehors de ce test extrême, le modèle de DJI a fonctionné à la perfection. Il détecte les câbles et tous les obstacles de manière fiable. On peut notamment lui envoyer des photos des objets en question, qui sont ensuite enregistrées dans le cloud. Les clichés sont plus nets et lumineux que chez tout autre robot aspirateur testé auparavant. En plus, le Romo P retrouve son chemin à tout moment, ne se coince nulle part et accomplit ses tâches de manière fiable. Au quotidien, je ne constate cependant pas de différence marquante avec les modèles haut de gamme de Dreame, Mova, Ecovacs ou Roborock, qui maîtrisent aussi le sujet.

Les capteurs et caméras du robot DJI ne font malheureusement pas de miracles pour autant. Le Romo fonce sans hésiter sur la tache de sauce barbecue, m’obligeant à nettoyer les roues et la brosse. Face à ce type de taches, tous les fabricants échouent à ce jour.

L’appareil roule sur la tache de sauce et étale le tout.
L’appareil roule sur la tache de sauce et étale le tout.

Malgré l’absence de tourelle lidar, le robot mesure 98 mm de haut. De nombreux concurrents équipés de serpillières mesurent un à deux centimètres de moins et passent ainsi mieux sous les meubles avec une faible garde au sol.

J’ai mesuré une consommation en veille de 1,6 Wh, lorsque le robot est inactif et déjà entièrement chargé. C’est une bonne valeur par rapport à la concurrence. Une consommation en veille inférieure à un watt serait toutefois souhaitable et techniquement réalisable.

La consommation électrique est nettement plus élevée juste après le lavage, lorsque les serpillières sont séchées. Le robot tire alors environ 67 watts pendant plusieurs heures.

Prix et performances : des écarts inexplicables

Les prix officiels de DJI en ont fait sursauter plus d’un. Le prix de vente conseillé du DJI Romo P s’élève à 1899 euros, figurant ainsi parmi les modèles les plus chers du marché. À un tel prix, j’attends un appareil au sommet dans tous les domaines.

Ce bel appareil a un prix tout aussi impressionnant.
Ce bel appareil a un prix tout aussi impressionnant.

Ce n’est pas correct. La navigation, l’évitement d’obstacles, l’appli et le design sont de premier ordre. Cependant, d’autres fonctions manquent totalement : le robot ne peut pas franchir les seuils élevés. Au moins, DJI propose une rampe en accessoire. Le Romo ne peut pas faire tomber les serpillières. Le fabricant renonce complètement au système moderne et plus coûteux d’un rouleau ou d’une roulette autonettoyante. Quant à la puissance d’aspiration et aux températures de lavage et de séchage de la station de base, certains concurrents ont l’avantage.

Le fabricant en est manifestement conscient et a baissé les prix partout peu après le lancement. Dans notre boutique également, le robot est proposé à un tarif nettement plus avantageux pour le lancement suisse, un peu plus tardif. Un prix autour de 1000 francs reste élevé, mais globalement acceptable.

Les deux autres variantes disponibles sont techniquement très similaires.

DJI Romo A : La station de base n’est pas transparente, mais blanche. Deux fonctions manquent à l’appel. En effet, le fabricant n’a pas intégré de lumière UV pour le sac à poussière, et l’emplacement pour le Floor Deodorizer est absent. Selon le prix pratiqué, c’est une alternative intéressante si le design n’est pas prioritaire.

DJI Romo S : Cette variante abandonne totalement la construction transparente. Le robot arbore également un boîtier blanc. Il faut aussi renoncer à la lumière UV et au Floor Deodorizer, et la deuxième variante de brosse n’est pas incluse dans la boîte. Selon le prix affiché, cette variante reste tout à fait intéressante.

Bilan

Des débuts réussis, mais perfectibles

Le premier robot aspirateur de DJI mise pleinement sur les forces reconnues du fabricant : capteurs précis, logiciel excellent et design élégant. Le Romo P offre de bonnes performances d’aspiration et de lavage, mais certains modèles haut de gamme concurrents font encore un peu mieux.

Si le prix se situe nettement en dessous du prix de vente officiel de 1900 francs, l’assistant ménager de DJI constitue un bon choix, surtout si l’on souhaite un robot qui en jette visuellement. Le boîtier transparent est un véritable régal pour les yeux. Les variantes Romo A et Romo S, un peu moins équipées mais plus abordables, pourraient toutefois constituer une alternative intéressante.

Pro

  • design original
  • navigation silencieuse et précise
  • bonne détection d’obstacles
  • bon nettoyage dans l’ensemble
  • appli élégante, rapide et claire

Contre

  • cartouches de produit onéreuses
  • certaines fonctions manquantes, comme le franchissement de seuils
  • système de lavage perfectible

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