
Panini Spider-Man: Noir Collection
Allemand, Carmine Di Giandomenico, David Hine, Paco Diaz, Roger Star, 2021

Encore un Spider-Man ? Bof, me suis-je dit. Puis Nicolas Cage apparaît en noir et blanc, avec un fedora et de mauvaise humeur, et me voilà hypé plus vite que je ne voudrais l’admettre.
Nice. Nice, nice, nice. J’ai du mal à croire que cette bande-annonce soit réelle. Je ne voulais pas me laisser emporter par l’enthousiasme juste parce que Marvel simule un peu de style et que nous faisons tous comme si c’était déjà la grande renaissance, mais cette bande-annonce en noir et blanc de « Spider-Noir » ?
Un vrai régal.
Malheureusement, il va falloir encore patienter un peu : la nouvelle série live-action ne sera diffusée que le 27 mai sur Prime Video. Ou comme dirait Spider-Noir : « Oh... »
Noir et blanc, pluie, fumée de cigarette, et au milieu de tout cela, Nicolas Cage avec son fedora et son regard fou. J’adore. Pourtant, j’avais des doutes quant à la réussite du projet. Au début, je pensais même qu’il s’agissait d’un fan service et d’une exploitation commerciale, car ce n’est qu’après le succès du film d’animation « Spider-Man : Into the Spider-Verse » que Spider-Man Noir a acquis son statut culte.
Dans le film d’animation, Spider-Man Noir a déjà été doublé par Cage et constitue une excellente parodie de son original nettement plus sérieux issu des bandes dessinées. Dans celles-ci, il n’y a en effet aucune trace d’ironie ou d’humour. Dans la bande dessinée, Spider-Man Noir porte une arme. Il tue. Ses adversaires ne sont pas des accidents de laboratoire extravagants, mais des chefs mafieux et des élites corrompues. Et, dans le plus pur style du film noir, l’histoire se déroule en 1933 dans une réalité alternative.
C’est plutôt intéressant. N’hésitez pas à jeter un œil à la bande dessinée.

Panini Spider-Man: Noir Collection
Allemand, Carmine Di Giandomenico, David Hine, Paco Diaz, Roger Star, 2021
Quoi qu’il en soit, le film d’animation Spider-Man Noir va désormais avoir sa propre série live-action, et Nicolas Cage incarnera à nouveau le sombre Spidey. Le Spider-Noir en live action (ce n’est d’ailleurs pas une erreur de ma part, dans la bande dessinée, il s’appelle « Spider-Man Noir », la série s’appelle « Spider-Noir » (le mot noir est en français dans le texte) et dans la série elle-même, il se fait simplement appeler « The Spider ») ne sera toutefois plus Peter Parker, mais Ben Reilly. Dans les bandes dessinées, Ben Reilly est un clone de Peter Parker. Ici, en revanche... aucune idée. En tout cas, ce n’est pas Peter Parker.

C’est très bien ainsi. Personnellement, je n’ai pas besoin d’une énième version de « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Le Spider-Noir de Nicolas Cage est vieux, cynique et n’a plus envie de rien. Pas étonnant puisqu’il est confronté à la crise économique, à la corruption et à la pauvreté, et à une ville qui se dévore elle-même. On se croirait presque à Gotham.

Est-ce que cela correspond à Peter Parker ? Je ne pense pas. Spider-Noir ne fonctionne pas comme une histoire de passage à l’âge adulte, il fonctionne comme un adieu. Comme la version « Pourquoi est-ce que je continue à m’infliger ça ? » d’un héros qui ne veut plus vraiment en être un. Cela correspond non seulement au genre noir, mais aussi étonnamment bien à Nicolas Cage.
Je trouve également géniale la décision de publier la série en deux versions. Oui, deux : une en couleur et une en noir et blanc. À première vue, cela semble être un petit plus sympa pour les nerds, mais c’est en fait un concept assez intelligent.
La version en couleur est volontairement saturée, presque comme un vieux film recoloré ou une bande dessinée aux couleurs exagérées. La version en noir et blanc, quant à elle, s’inspire du film noir classique : contrastes marqués, ombres profondes et peu de distractions visuelles. Deux ambiances distinctes qui racontent la même histoire de manière très différente. Seulement, après avoir vu cette bande-annonce en noir et blanc, je ne vois toujours pas pourquoi je choisirais volontairement la version couleur.
Le noir et blanc m’oblige à prêter attention aux visages, aux dialogues et à l’atmosphère. Cela enlève l’éclat des super-héros et rend le tout plus sale, plus personnel. Peut-être même plus honnête ? C’est exactement ce qui convient à Spider-Noir. Je veux dire : il y a « noir » dans le nom. Noir ! Il ne peut y avoir qu’une seule bonne version !
Bien sûr, il y a toujours le risque que je me laisse éblouir par une bande-annonce très bien montée. Et par Nicolas Cage de surcroît. Forcément... Mais le personnage a de la substance. La bande dessinée elle-même n’a jamais été ironique, le cadre est clairement défini. Et le concept des deux versions montre au moins qu’on a réfléchi à autre chose qu’à « Et sinon, on pourrait faire Spider sombre ! ».
Peut-être que cela ne suffira pas à porter toute une série. Peut-être qu’au final, cela deviendra à nouveau trop super-héros et pas assez noir. Mais pour l’instant, « Spider-Noir » ressemble à quelque chose que Marvel (ou plutôt Sony) n’a pas fait depuis longtemps : une véritable expérience de genre.
Et très honnêtement : j’en redemande.
Allez-vous regarder « Spider-Noir » en noir et blanc ou en couleur ?
J’écris sur la technologie comme si c’était du cinéma – et sur le cinéma comme s’il était réel. Entre bits et blockbusters, je cherche les histoires qui font vibrer, pas seulement celles qui font cliquer. Et oui – il m’arrive d’écouter les musiques de films un peu trop fort.
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