CritiqueGaming

« Gran Turismo 7 » : dernier hommage à la voiture thermique

Simon Balissat
Zurich, le 03.03.2022
Traduction: Sophie Boissonneau

« Gran Turismo 7 » marque le retour du tout premier des jeux de simulation de course auto sur nos consoles, sa bande annonce est une ode au premier « The real driving simulator » et nous rappelle les 25 ans de « Gran Turismo ».

Nous sommes en mai 1998, Céline Dion chante My Heart Will Go On. Il me manque encore quelques autocollants dans le cahier Panini pour la Coupe du monde en France. Après l'école, j’enfourche mon vélo et me rend directement chez « Next Level », un magasin de jeux vidéo éphémère situé juste au coin de la rue. Je n'en crois pas mes yeux quand je vois ce qui défile un après-midi sur les « immenses » écrans cathodiques de 32 pouces : une simulation de course auto à couper le souffle Gran Turismo. De vrais modèles de voitures qui s'inclinent dans les virages grâce à des amortisseurs simulés. En plissant légèrement les yeux, on ne voit pas la différence entre la voiture réelle et la voiture virtuelle.

25 ans plus tard, le moteur à combustion est sur le point d'être remplacé par des moteurs électriques. Le septième opus de Gran Turismo semble vouloir rendre un dernier hommage à la voiture. Des tonnes d'informations sur l'histoire, rassemblées et recherchées avec amour, constituent la base de ce vaste jeu de course. La mécanique principale du jeu ne semble pas tant être la course automobile, mais aussi de faire l'expérience de la voiture et de rendre un dernier hommage au moteur à combustion, relique du passé.

Nissan Skyline et Mitsubishi GTO, mises en scène sur le Susten.
Nissan Skyline et Mitsubishi GTO, mises en scène sur le Susten.

Le mode photo « Sphères » en témoigne parfaitement et me permet de mettre en scène les voitures que j’ai gagnées dans le monde entier dans de véritables photographies. Grâce au ray tracing et à divers filtres, la réalité et le monde virtuel se confondent. Le studio de développement a intégré plus de 2500 de ces scènes dans le jeu.

Retour vers le futur

La cohérence avec laquelle Gran Turismo 7 transpose la formule vieille de 25 ans en 2022 est effrayante. Presque tous les menus sont restés tels qu’ils étaient sur la PlayStation 1. Vous naviguez entre différents lieux où vous pouvez acheter des voitures, les améliorer, les photographier ou participer à des courses en ligne ou hors ligne dans une ville virtuelle. C’est une interface utilisateur très encombrée et complexe qui va rarement d’elle-même. Ainsi, je ne peux pas monter des spoilers dans un magasin de tuning. Pour cela, je dois me rendre chez GT Auto, où je peux aussi acheter des jantes, laver ma voiture ou la vidanger. Pour acheter mes nouvelles voitures, je me rends chez le concessionnaire. Enfin, les voitures plus anciennes se trouvent chez les concessionnaires d’occasions. Savoir où trouver telle ou telle voiture tient en grande partie du coup de chance. Comme tout ne se trouve pas au même endroit, je dois à chaque fois revenir à la carte, sélectionner un nouveau lieu et naviguer dans les sous-menus.

C’est le menu, il est aussi complexe qu’il en a l’air.
C’est le menu, il est aussi complexe qu’il en a l’air.

Pour ajouter à la confusion, il existe en outre un marchand de raretés. L'offre de raretés et d'occasions n'est pas toujours la même, ce qui peut avoir un sens dans la vie réelle. Dans un jeu, c’est simplement compliqué, parce qu'on ne me propose jamais le modèle que je veux conduire. Même le mode multijoueur se trouve en deux endroits différents, une partie dans le mode multijoueur et l’autre dans GT Sport, me permettant de grimper dans les classements en ligne. Malgré, ou justement à cause de cela, je me sens directement chez moi dans Gran Turismo 7. Tout est resté comme c’était 25 ans plus tôt dans ma chambre d'enfant, sur l'écran cathodique. Mais en haute définition et en 4K. Je reprocherais à tout autre jeu son menu compliqué et sa structure confuse, mais cette pour cette fois, ça ira.

Un air de nostalgie

Bien sûr, la nouvelle version est bien plus complète que la précédente. Plus de 400 voitures, 34 lieux et près de 100 circuits sont représentés dans le jeu et ne demandent qu'à être débloqués. En effet, GT7 ne vous fait aucun cadeau, si ce n'est une poignée de crédits que vous pouvez investir dans une voiture compacte japonaise chez un concessionnaire d'occasions. C’est ainsi que vous commencez votre carrière.

Le jeu ne vous donne accès à de nouveaux circuits que lorsque vous avez accompli des missions confiées par un gentil monsieur dans un café. Il faut par exemple « débloquer trois US Muscle Cars » pour continuer la progression. Au moins, le jeu vous dit dans quels événements vous pouvez gagner les grosses voitures américaines. Alors que des jeux comme Forza Motorsport vous donnent directement accès à des bolides, GT7 vous y conduit en douceur. Avec des prix dépassant le million, les Lamborghini, Porsche ou Ford GT 40 sont au départ des rêves bien lointains. Dans un premier temps, vous devez gagner vos galons au volant d'une VW Golf, d'une Mazda Demio ou d'une Renault Clio. Cela demande beaucoup de patience, mais c'est très amusant. Je n'aurais jamais acheté une Ford Mustang virtuelle de ma vie, mais j'ai dû le faire pour une série de courses. Ce bolide à propulsion arrière s'est avéré très amusant.

Il y a beaucoup de voitures à gagner et vous en aurez besoin.
Il y a beaucoup de voitures à gagner et vous en aurez besoin.

En parlant de patience : les permis de conduire sont de retour. Vous devez passer des examens de conduite pour progresser dans le jeu. Les tâches vont de « freiner au bon moment » à « effectuer un tour de circuit en tant de temps ». Vous obtenez alors des récompenses bronze, argent et or. Et, si vous terminez tous les examens avec l’or, vous obtenez des voitures gratuites. C’était déjà le cas dans les Gran Turismo précédents. Les épreuves de bronze sont si faciles que vous aurez du mal à les rater. Dans les jeux précédents, c'était parfois plus difficile. Pour obtenir l’or dans toutes les épreuves, il vous faudra une dizaine d’heures. Si on n'est pas masochiste comme moi, on ne le fait pas.

Drive my car

Certes, je n'ai passé que quelques heures dans Gran Turismo et, pour l'instant, uniquement avec la manette. Avec les gâchettes adaptives, les sensations sont vraiment excellentes. Je le remarque immédiatement lorsque l'arrière de ma voiture se détache ou lorsque les roues se bloquent. C’est dans ces situations que la manette Dual Sense montre tous ses muscles. De manière générale, les sensations de conduite sont assez réalistes, sans toutefois concurrencer des simulations comme Assetto Corsa ou iRacing. Les voitures ont un peu tendance à sous-virer, mais on peut corriger cela dans les paramètres. Gran Turismo offre à nouveau toutes les possibilités imaginables pour bricoler et tuner votre voiture.

Ah oui, vous pouvez aussi personnaliser les voitures à votre guise. La mienne est celle avec le 54. J’ai fait ce que j’ai pu.
Ah oui, vous pouvez aussi personnaliser les voitures à votre guise. La mienne est celle avec le 54. J’ai fait ce que j’ai pu.

Alors que dans Forza, il suffit d'appuyer sur un bouton pour que votre voiture passe automatiquement au niveau supérieur, dans GT7, il faut faire ça manuellement. Chaque nouvelle pièce a un impact sur le classement de votre voiture. Les points de performance vous permettent d'estimer vos chances dans la prochaine course. Mon conseil : améliorez d’abord vos pneus et vos freins, vous pouvez ensuite vous occuper de la puissance de vos bolides.

Il reste encore de nombreuses choses que je n’ai pas encore testées : Les plus créatifs pourront s’essayer à la peinture des voitures dans l’éditeur, les défis permettent de changer du quotidien de la course, le mode en ligne et ses ligues est intéressant et dans le mode « Music Rally », vous faites un contre la montre contre une chanson et pouvez gagner de précieuses secondes supplémentaires en la dépassant.

Représentation suisse : la Lamborghini « Emil Frey Racing ».
Représentation suisse : la Lamborghini « Emil Frey Racing ».

Premier verdict

Gran Turismo 7 ne se distingue pas grâce à ses nouvelles fonctionnalités, mais par l’absence de celles-ci. Le studio japonais a déjà tourné le dos aux tendances des jeux de simulation de courses de ces dernières années. Il n'y a pas de fonction pour revenir quelques secondes en arrière et vous sauver la mise en cas d'erreur de conduite. Il est impossible de mettre vos adversaires à la peine après une poignée d’heures de jeu seulement et avec une voiture de 1000 chevaux. Il n'y a pas non plus de tour de qualification (pour autant que je puisse en juger), vous partez toujours en queue de peloton. Le jeu ne vous fait pas de cadeau, à moins que vous n’achetiez des crédits avec des microtransactions. Gran Turismo, c'est comme si j’avais à nouveau mon cahier Panini de 1998 complété. Certes, il est complet, mais quelques pages sont tachées et cornées. Cela ne change rien aux émotions que le jeu suscite en moi. Aucun doute, les fans de Gran Turismo ne seront pas déçus. Le jeu plaira aussi à tous les autres joueurs, même si la navigation demande un temps d’adaptation. Je reviendrai à Gran Turismo avec plaisir dans les années à venir.

G29 Driving Force + Gran Turismo 7 (PS5)
371.–
Logitech G G29 Driving Force + Gran Turismo 7 (PS5)
G923 Trueforce + Gran Turismo 7 (PS5)
424.–
Logitech G G923 Trueforce + Gran Turismo 7 (PS5)
G923 Trueforce + Gran Turismo 7 (PS4)
415.–
Logitech G G923 Trueforce + Gran Turismo 7 (PS4)
2

Playground Session

Concourez dans notre session Gran Turismo 7 le 26 mars pour gagner de superbes prix, dont un volant Logitech pour la première place.

G923 Trueforce for PC and PlayStation
260.–
Logitech G G923 Trueforce for PC and PlayStation
230

Prix

1re place : bon d'achat digitec de 200 CHF & G G923 Trueforce Logitech pour PC et PlayStation 2e place : bon d’achat digitec de 150 CHF 3e place : bon d’achat digitec de 100 CHF

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Lorsque j’ai quitté le cocon familial il y a plus de 15 ans, je n’ai pas eu d’autre choix que de me mettre à cuisiner pour moi. Cela dit, il ne m’aura pas fallu longtemps avant que cette nécessité devienne une vertu. Depuis, dégainer la cuillère en bois fait partie intégrante de mon quotidien. Je suis un vrai gastronome et dévore tout, du sandwich sur le pouce au plat digne d’un restaurant étoilé. Seul bémol: je mange beaucoup trop vite. 


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